Son avenir professionnel, Anaïs Monney l’avait depuis longtemps imaginé « dans le pré ». Sa passion pour l’élevage l’a conduite à concrétiser, en janvier 2016, une installation hors cadre familial, à Arbecey (Haute-Saône). Avec une mère cadre et un père infirmier équithérapeute, cette Haut-Saônoise de souche ne disposait pas de structure à reprendre. Mais elle...
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Son avenir professionnel, Anaïs Monney l’avait depuis longtemps imaginé « dans le pré ». Sa passion pour l’élevage l’a conduite à concrétiser, en janvier 2016, une installation hors cadre familial, à Arbecey (Haute-Saône). Avec une mère cadre et un père infirmier équithérapeute, cette Haut-Saônoise de souche ne disposait pas de structure à reprendre. Mais elle avait toujours côtoyé l’agriculture, sur la ferme de ses grands-parents, à 30 kilomètres d’Arbecey.

« La vocation a sauté une génération, constate-t-elle. Au départ, j’étais orientée vers les chevaux, parce que je suis une cavalière. J’ai suivi une première année de BTS en productions animales par apprentissage dans le domaine équin. Là, je me suis rendu compte que le secteur offrait peu de débouchés. J’ai donc effectué ma deuxième année en exploitation laitière, à 10 km de mon siège actuel. »

Employée au service départemental de remplacement pendant quelques années, puis salariée cinq ans sur l’élevage laitier où elle avait été apprentie, Anaïs trouve en 2015 une opportunité de reprise. « J’avais déjà identifié des structures auparavant, mais à chaque fois les tarifs étaient bien trop élevés ! », pointe l’agricultrice, vice-présidente de Jeunes Agriculteurs de Haute-Saône depuis 2017. Cette fois-ci, c’était une ferme « assez extensive, basée sur l’herbe, avec 30 vaches allaitantes charolaises et 80 brebis croisées texel-charollais », qui permettait d’envisager l’installation. Celle-ci a abouti en six mois, dans le cadre de la création d’un Gaec avec Alexandre Porcherot, son conjoint. Depuis dix ans, il était installé sur un site tout proche d’Arbecey, dans un système 100 % grandes cultures, repris en 2006 à la suite du décès de son père.

« Mon installation a été assez compliquée, souffle cette mère d’un jeune garçon de trois ans. J’ai dû acheter les bâtiments, mais aussi 55 ha de terres au cédant. Celui-ci a vendu son matériel et ses vaches allaitantes à d’autres exploitants. Nous avons investi dans des bovins et nous travaillons en Cuma et entraide. » Parallèlement, le couple a cédé les bâtiments de la ferme d’Alexandre et tout recentré sur ceux acquis par Anaïs, qui a emprunté 400 000 € pour boucler son projet. Ainsi, le Gaec doit faire face à 57 000 € d’annuités.

Les chevaux complémentaires aux vaches

L’agricultrice est responsable des trois ateliers d’élevage du Gaec. Son conjoint se consacre aux cultures, qu’il conduit en semis direct. Il intervient lors des vêlages et pour l’alimentation des bovins durant l’hiver. Au troupeau allaitant multiraces et à la troupe ovine s’est ajouté un atelier équin. « Nous avions des chevaux avant mon installation. Depuis, nous avons développé l’activité avec un effectif aux trois-quarts de race trait comtois », indique cette membre du syndicat départemental de la race. Son objectif : donner de l’ampleur à cet atelier, ainsi qu’aux ovins, mais rester à effectif constant en bovins.

À l’herbe toute l’année, y compris sur les parcelles d’agriculteurs voisins en hiver, les chevaux complètent les vaches au pâturage. Quant à la troupe ovine, elle est en passe d’être entièrement convertie, par achats et croît interne , à la race shropshire, adaptée à l’entretien de sapinières (lire l’encadré). « Rustiques, les brebis shropshires ne rentrent en bâtiment que lorsqu’elles sont prêtes pour l’agnelage, qui a lieu de janvier à mars », apprécie Anaïs. Et de souligner que manager les trois troupeaux comporte un seul aspect qu’elle juge pesant : l’administratif  !

Au niveau des débouchés, le Gaec s’est vite intéressé à la vente directe. Elle concerne de jeunes mâles, agneaux et poulains comtois. L’abattage s’effectue à Luxeuil et la découpe sur une exploitation équipée d’un laboratoire. Les deux sites sont situés à 30 km d’Arbecey. « Pour développer la commercialisation, nous venons de prendre des parts dans le futur magasin de producteurs Cœur paysan, en projet à Vesoul », indique Anaïs, attachée aux actions qui permettent de se rapprocher des consommateurs. Son portrait fait d’ailleurs partie des quatre jeunes que le syndicat JA a mis à l’affiche dans l’agglomération de Vesoul et sur les réseaux sociaux, de fin avril à début mai.

Catherine Regnard