Eux n’ont jamais perçu l’ICHN. Ils n’ont pas les plus mauvais sols, les plus fortes pentes, les plus petites parcelles ni les plus faibles montants de DPB. Pas les pires conditions, donc. Mais pas les meilleures non plus. Le premier achat de leur Cuma a été un broyeur à cailloux, leurs sols hétérogènes ont des potentiels allant de 40 à 80 q/ha, une partie de leurs prairies est en pente, et une autre si réguliè...
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Eux n’ont jamais perçu l’ICHN. Ils n’ont pas les plus mauvais sols, les plus fortes pentes, les plus petites parcelles ni les plus faibles montants de DPB. Pas les pires conditions, donc. Mais pas les meilleures non plus. Le premier achat de leur Cuma a été un broyeur à cailloux, leurs sols hétérogènes ont des potentiels allant de 40 à 80 q/ha, une partie de leurs prairies est en pente, et une autre si régulièrement inondée qu’il faut parfois rentrer les vaches durant plusieurs semaines au printemps. Ajoutons qu’ils ont toujours « trop de vaches pour prétendre à des aides sur les céréales et vice-versa ». Bref, les six éleveurs nivernais rencontrés à Asnois sont de parfaits représentants des zones intermédiaires de polyculture-élevage.

« À la fin de 2017, on était tous classés dans le projet de zonage, se souvient Romaric Gobillot. Puis nos communes en sont sorties, formant une encoche sur la carte : où est l’homogénéité territoriale ? Surtout, où sont les chiffres et les mesures ? » Leur interrogation rejoint celle des éleveurs sortants : pourquoi des plaines fertiles intègrent-elles le zonage, si eux restent en dehors ?

Éleveurs et élus locaux crient au manque de transparence. Un éleveur du Centre, rattrapé in extremis, avoue n’avoir pas compris pourquoi sa commune avait été exclue… Et pas davantage pourquoi elle, et pas ses voisines, avait été repêchée ! La méthode de travail et les critères ont été présentés, mais nul n’a accès aux données. Encore moins aux sondages réalisés sur les sols. « Il y en a eu un tous les 2 000 ha », croit savoir un éleveur, « alors qu’on n’a pas deux parcelles pareilles… » Faute d’explication logique, on s’imagine faire les frais de rivalités politiques locales.

Action en justice

Dans l’Aude, le collectif d’agriculteurs « Pour que vive la Piège » s’est attaché les services d’une avocate pour contester la carte en justice. « On pointe des erreurs dans les études, un problème d’échelle pour le calcul du critère économique, et un état des fermes prouvant que les handicaps ne sont pas levés », énumère Yann Vétois. Son Gaec à deux associés dégage 120 000 € de chiffre d’affaires avec 200 brebis allaitantes et de la volaille, tout en vente directe. La perte de 13 000 € d’ICHN, sur 35 000 € d’aides Pac, est « impossible à combler ».