« C’est incohérent : on détruit quelque chose qu’on est en train de labelliser », commente Alain Remaud. Le maire du Poiré-sur-Velluire ne comprend pas que 14 communes du parc naturel du Marais poitevin soient sorties de la zone ICHN, au moment où il vient de récupérer son label « Grand site » et que les premières viandes vendues sous la marque Parc arrivent sur les étals cet automne...
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

« C’est incohérent : on détruit quelque chose qu’on est en train de labelliser », commente Alain Remaud. Le maire du Poiré-sur-Velluire ne comprend pas que 14 communes du parc naturel du Marais poitevin soient sorties de la zone ICHN, au moment où il vient de récupérer son label « Grand site » et que les premières viandes vendues sous la marque Parc arrivent sur les étals cet automne. « Ce sont les éleveurs qui entretiennent ce patrimoine », rappelle l’édile. Il craint aussi qu’un vieux conflit soit ravivé. « Ecologistes et agriculteurs avaient trouvé un terrain d’entente autour des prairies humides, toutes classées Natura 2000. Les éleveurs en acceptaient les contraintes, en contrepartie de l’ICHN. »

Valoriser la viande

« La perte de l’ICHN casse tout, renchérit Brice Guyau, président de la FDSEA. Comme c’est un territoire difficile, on a cherché des voies de valorisation de la viande, qui commencent à se mettre en place. Mais la sortie du zonage fait perdre l’accès aux aides pour investir. Et comme seules certaines communes sortent, cela crée des inégalités qui cassent la dynamique collective… »

Alexis Gelot fait partie des 55 éleveurs touchés. Sur l’exploitation familiale qu’il a reprise au 1er janvier, il élève 80 vaches allaitantes, avec 107 ha de surface fourragère et 70 ha de cultures de vente. L’ICHN s’élève à 10 400 € (1), soit un quart des aides Pac et un sixième de l’EBE prévisionnel.

Avec l’accord du maire, il a mené une action choc au printemps en labourant un bout de prairie Natura 2000. Et prévient : « Si l’ICHN disparaît, tout ce qui peut être labouré le sera. » Techniquement, toute son exploitation est labourable. Mais réglementairement, ses prairies sont intouchables à cause de Natura 2000. « Alors que je pourrais augmenter de 65 % leur production en les conduisant comme des prairies temporaires », estime-t-il.

Le document d’objectif (Docob) de la zone Natura 2000 étant en révision, la profession a fait savoir qu’elle n’accepterait plus les contraintes sans la contrepartie. « On n’en a ni l’envie, ni la capacité financière », lâche l’éleveur.

L’histoire n’est pas finie : un recours en justice va être déposé. Le vice-président du parc naturel, qui pilote le dossier, se dit « serein » sur son issue.

(1) L’ICHN est majorée en zone de marais.