Quarante hommes et femmes sur 19 exploitations composent la Fruitière des Lacs, à Labergement-Sainte-Marie, dans le Doubs. Au sein d’un vaste chalet construit en 2014, leurs 6,7 millions de litres de lait sont transformés en AOP comté (600 t par an) et AOP morbier et raclette (70 t par an). « Comme la majorité des 130 fruitières du massif jurassien, nous sommes propriétaires de nos murs, conduisons nos activité...
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

Quarante hommes et femmes sur 19 exploitations composent la Fruitière des Lacs, à Labergement-Sainte-Marie, dans le Doubs. Au sein d’un vaste chalet construit en 2014, leurs 6,7 millions de litres de lait sont transformés en AOP comté (600 t par an) et AOP morbier et raclette (70 t par an). « Comme la majorité des 130 fruitières du massif jurassien, nous sommes propriétaires de nos murs, conduisons nos activités, et gérons nos dix salariés », précise Antoine Vernerey, président de la structure. Elle résulte de la fusion, en 2010, de l’ancienne fruitière de Labergement et de sa voisine de Chaux-Neuve. « Une première réunion, où tous les producteurs étaient invités en vue de la nécessité de construire un outil commun, a débouché sur une étude en 2011. En 2012, le conseil d’administration a enclenché la construction pour 5,2 millions d’euros d’investissement, relate Antoine Vernerey. Le conseil d’administration a pris toutes ses décisions à l’unanimité, et chaque producteur se trouve caution des prêts. L’engagement dans le projet a été très fort. »

Y compris pour le suivi des travaux : dix producteurs se sont mobilisés à chaque réunion de chantier, avec maître d’œuvre et entreprises, durant deux ans. « Nous avions d’abord travaillé en commissions, système vite abandonné car tout le groupe voulait se tenir au courant de l’ensemble du projet ! », note le président.

« Notre force : la proximité »

La Fruitière des Lacs s’organise toujours avec cette proximité et cette gouvernance partagée. « L’engagement des hommes fait la réussite de la filière comté. D’où notre volonté de conserver un outil à taille humaine et de gérer sans directeur. » Le conseil d’administration se réunit tous les deux mois. Il compte 19 membres, un représentant par ferme « quel que soit le volume de lait livré par l’exploitation, et toujours avec l’application du principe “une personne égale une voix” », insiste Antoine Vernerey. Le bureau de neuf personnes assure la gestion courante et se réunit une fois par mois. Au quotidien, cinq de ses membres assument la responsabilité des activités clés : deux gèrent le magasin de vente, un le ramassage du lait et la gestion du chauffeur, un la qualité du lait. Quant au président, il s’occupe de la relation avec les affineurs et le personnel. La proximité des cinq responsables est essentielle. « Voisins, nous nous voyons dans nos champs, à la Cuma, etc. C’est la force de nos fruitières. »

La diffusion d’informations aux coopérateurs est formalisée par une lettre d’actualité mensuelle, jointe à chaque paie de lait. En outre, la localisation des producteurs dans un rayon de 25 km, comme le stipule le cahier des charges du comté, favorise les rencontres. La fruitière les provoque. Elle appelle chaque mois huit producteurs différents pour charger ses fromages expédiés à l’affinage.

Catherine Regnard