Le groupe coopératif allemand Südzucker a annoncé, vendredi 29 juin, qu'il allait acquérir 99,7 % du capital de Saint-Louis Sucre, détenu jusqu'à présent par le groupe belge Albert Frère. Le montant de la transaction est fixé à 1,6 milliard d'euro (10,5 milliards de francs). Cette cession devrait être effective d'ici à la fin de l'année.

Un communiqué indique que Saint-Louis Sucre conservera son identité et son équipe dirigeante. Les deux entités n'étant en effet pas en concurrence au niveau des zones de production et des installations industrielles. De son côté, la CGB indique qu'elle veillera à ce que ce changement de propriétaire ne se fasse pas au détriment des planteurs, les précédents s'étant jusqu'à présent bien passés.

Il s'agit d'un nouveau changement de main pour le numéro deux français et numéro quatre européen du sucre. Südzucker n'était pas encore présent en France, mais occupait déjà la place de leader européen avec 16,4 % environ de parts de marché. Celles-ci passent maintenant à 21 %, devant Eridania Béghin-Say qui détient 13,3 %. Pour ce dernier, premier sucrier français, des rumeurs de rachat planent régulièrement, sans confirmation jusqu'à présent. Les modifications autour du contrôle de Montedison, la maison-mère de Beghin Say, pourraient accélérer les changements dans le capital du sucrier.

Depuis plusieurs années, le paysage sucrier connaît des évolutions. Les industriels cherchent à s'étendre dans les différents pays producteurs de l'Union européenne, mais aussi de l'Europe de l'Est (République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne...) dont certains intégreront l'Union dans les années à venir. Quelques groupes comme l'union SDA ont également investi dans la canne à sucre, notamment au Brésil.