Toutes les conditions étaient réunies à la fin de l'été dernier pour voir apparaître des symptômes de phytotoxicité sur les jeunes plants de colza. Même si ces décolorations sont connues et généralement sans conséquences graves, dans certaines situations le colza n'a reverdi qu'à partir de novembre, lorsque les précipitations ont effectué leur retour.

' C'est en fait la formulation non micro-encapsulée de la clomazone qui est à l'origine de ce phénomène, explique Estelle Perrin, du Cetiom. On la trouve dans le Colzor trio et dans l'Axter. ' Certaines variétés s'avèrent plus sensibles que d'autres à cette matière active.

La gravité du phénomène a été accentuée par une autre source de phytotoxicité, celle des sulfonylurées. Appliquée tardivement sur la céréale précédente, la matière active a perduré dans le lit de semence en l'absence d'humidité, jusqu'à la levée du colza. ' Nous ne déconseillons évidemment pas l'utilisation des sulfonylurées lorsqu'un colza doit être implanté, mais il faut avoir conscience d'un arrière-effet possible, prévient Estelle Perrin. Les applications tardives après le mois d'avril comportent des risques. Le cas n'est pas rare sur orge de printemps, par exemple. '

Dans la famille des sulfonylurées, les différentes spécialités ne présentent pas le même potentiel de phytotoxicité. Une classification est en cours au Cetiom.

Certains cas graves dans le Centre ont conduit au retournement de cultures. Dans la majorité des situations, il est préférable d'attendre la reprise de végétation et espérer que le colza profite pleinement de sa capacité de compensation.

SENSIBILITÉ : selon les variétés

Parmi les variétés les plus cultivées, Aviso et Campala sont les plus sensibles à la clomazone.

En revanche, aucune différence variétale n'a été observée vis-à-vis de la phytotoxicité des sulfonylurées.