Le Massey Ferguson arbore un design extérieur agressif et un niveau de finition intérieur de haut de gamme, issu des grands frères MF 8600.

C'est le tracteur le plus photogénique du test. Les montants avant de la cabine sont désormais cintrés pour favoriser la visibilité.

Le Massey Ferguson 7624 Dyna-VTen vidéo et en diaporama.

FICHE TECHNIQUE

• Puissance maximale : 222 ch• Moteur : 6-cylindres Agco Power de 7,4 l• Antipollution : SCR AdBlue• Transmission : Dyna-VT• Prix : 194.918 € (configuration du test)

Moteur (note : 6/10)

Le 7624 est motorisé par un bloc à 6 cylindres maison (Agco Power) de 7,4 l développant 222 ch en puissance maximale (sans boost) à 1.900 tr/min. A ce niveau, il consomme 232 g/kWh, auxquels il faut rajouter 18,1 g/kWh d'AdBlue (6 %).

Pour la consommation en traction à pleine puissance, il se place en queue de peloton. En cabine, il est possible de mémoriser deux régimes, A et B, soit depuis le terminal Datatronic 4 ou avec un appui long sur les boutons A et B, en choissisant son régime avec l'accélérateur. La mémoire A s'active depuis le joystick.

Le second régime ne peut être utilisé que pour les séquences de bout de champ. Il est également possible de limiter le régime du moteur depuis le terminal et de l'activer depuis la console. L'accélérateur à main est électronique mais reste dur.

Transmission (note : 7/10)

La Dyna-VT est fournie par Fendt (ML 180) et sa gestion électronique est signée MF. Elle se conduit selon deux modes, manuel ou DTM, et dispose de deux plages, lièvre et tortue. Dans les deux modes, il est possible de conduire au joystick ou à la pédale.

Ce choix s'effectue sur la console via un bouton bien identifié. Le mode manuel est celui par défaut. Le pied gère le régime tandis que, de la main, plus on pousse le joystick et plus le tracteur avance. Le DTM s'active par une impulsion sur la console de droite.

Le régime du moteur est alors géré automatiquement tandis que la vitesse est contrôlée au pied ou au joystick. Deux vitesses, SV1 et SV2, peuvent être mémorisées depuis le terminal. En DTM, il est également possible d'associer le régime « A » à la vitesse SV1.

Le terminal permet de régler l'agressivité de l'inverseur, de la pédale, de la vitesse SV1 et du superviseur de sous-régime (route et prise de force). Finalement, avec le Massey, vous avez le choix entre toutes les stratégies de conduite du marché sur un même tracteur ! 

  

Ergonomie. Le levier multifonction permet d'activer les principales commandes du bout du pouce. (Photo de gauche)Accessibilité. Le capot monobloc facilite l'accès au moteur. Le relevage avant est intégré au châssis. (Photo de droite)

Relevage (note : 7/10)

Trois boutons sur le joystick contrôlent le relevage. On les retrouve sur l'accoudoir, avec un bouton neutre. Ce dernier est très sécurisant lors de l'attelage d'un outil, par exemple pour stopper rapidement la montée.

Une Led sur chaque bouton informe le chauffeur de l'action du relevage. Le contrôle de profondeur s'ajuste avec une grosse molette sur le côté de l'accoudoir. Les réglages de contrôles d'effort et de position et l'activation de la suspension s'effectuent à l'aide de trois potentiomètres et d'une touche sensitive astucieusement placés en arrière de la console.

D'autres fonctions comme le patinage se gèrent depuis le terminal. Les bras de relevage sont assez longs, laissant de la place pour atteler les outils. Etonnamment, il n'y a pas de commande extérieure pour le troisième point hydraulique, même en option, ce qui supprime l'intérêt d'un tel équipement. Le Massey dispose de la plus petite capacité de levage, avec 7,5 t.

Hydraulique (note : 7/10)

Notre 7624 était équipé de quatre distributeurs arrière et deux frontaux. Aucun numéro ou code de couleur n'est présent pour faciliter la reconnaissance des prises utilisées.

Un distributeur peut être piloté depuis le joystick, deux depuis l'accoudoir et deux depuis la console, avec des touches de type bout de doigt. Le terminal gère l'affectation des distributeurs sans risque d'erreur grâce à un schéma des commandes.

Débits et temporisations se règlent de la même façon. La position flottante s'active sur les palettes. Une fonction sur la console verrouille rapidement toutes les prises hydrauliques.

Prise de force (note : 8/10)

Trois régimes de prise de force sont disponibles : 540 tr/min (2.090 tr/min moteur), 540 E (1.610 tr/min) et 1000 (2.020 tr/min). Le choix des régimes est géré par quatre touches sensitives, dont une neutre.

Deux commandes, placées un peu trop près l'une de l'autre sur la console, permettent de les activer (avant et arrière). La prise de force enclenchée, il est possible de la piloter du bout du pouce depuis le joystick.

C'est le seul tracteur du marché à proposer cette fonction. Le mode automatique s'active depuis la console. On regrette de ne pouvoir ajuster la hauteur de relevage pour cette fonction auto.

Ponts (note : 7/10)

La gestion des ponts est simple. Les deux modes, automatique et manuel, sont disponibles et activables à l'aide de boutons sur le montant droit.

Sur la route (note : 7/10)

Le diamètre de braquage de 12,65 m est atteint en 4,25 tours de volant. Deux écrans (terminal + écran dans le tableau de bord) rendent la navigation peu ergonomique. Le rétroviseur intérieur est appréciable, tout comme la cabine suspendue sur vérins hydrauliques.

Cabine (note : 7/10)

L'accès en cabine est aisé avec cinq marches. A bord, la visibilité est bonne malgré les six montants, et renforcée par le capot en taille de guêpe. En bout d'accoudoir, se trouvre un joystick multifonction.

Il regroupe de nombreuses commandes comme la transmission, l'inversion du sens de marche, le relevage et l'activation rapide de la prise de force. Ce sont plus de dix fonctions pilotées du bout du pouce.

Sa prise en main offre une bonne sensation. Plus on pousse le joystick et plus le tracteur avance, plus on le tire et plus le tracteur ralentit. Inversement en marche arrière. Sur la console, les fonctions sont identifiées et bien placées.

Dommage que la navigation dans le terminal Datatronic 4 soit peu ergonomique et parfois aléatoire. Le chauffeur prend place sur un siège pneumatique positionné juste entre les deux gros montants. La climatisation est automatique et le nombre de rangements intéressant. Les commandes de phares sont regroupées mais il manque un interrupteur principal.

Points fortsPoints faibles

• Inverseur multifonction.

• Fonctions sur le joystick.

• Possibilités de la boîte.

• Le petit écran ITCS reste indispensable.

• Consommation à la puissance maximale.

• Charge utile.

Henri Etignard et Corinne Le Gall, en collaboration avec Guido Hoener, Frank Berning, Jan-Martin Kueper (Top Agrar), Oliver Mark, James Andrews (Farmers Weekly), Martijn Knuivers (Boerderij) et Norbert Uppenkamp (conseiller en machinisme)