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Les tests sur les tracteurs ont duré deux semaines. La première a été consacrée aux travaux agricoles sur une exploitation du nord de l'Allemagne. Cinq journalistes et un conseiller machinisme se sont relayés au volant des sept tracteurs pour déchaumer, labourer, semer avec un gros combiné et réaliser un parcours d'une cinquantaine de kilomètres sur la route avec une remorque.

Mesurer la puissance utile

Après cette semaine de travaux intensifs, les tracteurs ont pris la direction de la station expérimentale de la DLG (société des agriculteurs allemands) pour subir toute une batterie de tests standardisés et utilisés couramment pour l'homologation OCDE. Cette étape n'est pas allée sans mal puisque Deutz-Fahr est venu rechercher son tracteur en début de semaine à la station de test et l'a renvoyé à l'usine en Italie, pour finalement le ramener en Allemagne avant la fin des essais. Néanmoins, aucune modification n'a été constatée sur ce tracteur. De son côté, John Deere a insisté pour que soient utilisés les résultats d'un tracteur récemment passé au même banc pour l'OCDE. Ce sont les résultats publiés dans cet essai. Le constructeur américain n'a pas été avantagé par cette décision puisque la DLG a tout de même analysé le tracteur de l'essai et que ses performances se sont révélées meilleures que celles de l'OCDE.

Les ingénieurs de la DLG ont réalisé le passage au banc classique avec mesure de la puissance et du couple à la prise de force, mais se sont aussi lancés dans la mesure en traction pure. Il s'agit de la puissance réellement utilisée pour tracter un matériel. Elle est souvent nettement inférieure à la puissance nominale annoncée par le constructeur. En moyenne, il faut compter une perte de puissance de 15 ch entre le chiffre annoncé sur le papier et la prise de force, et entre 20 et 30 ch entre la théorie et la performance en traction pure. Certains modèles étant équipés d'une surpuissance (ou Boost), les testeurs ont réalisé une double batterie de mesures, avec et sans Boost. Pour le Massey Ferguson, il n'a pas été possible pour des raisons de conception d'effectuer les mesures sans Boost.

Evaluer la consommation

La mesure de la consommation est un autre point sur lequel la DLG a orienté ses analyses, avec la comparaison du travail à la prise de force et en traction. Les différences entre les tracteurs peuvent sembler minimes (10 % entre le meilleur et le plus gourmand) mais elles se transforment en somme considérable après 1 000 heures de travail.

La valeur retenue dans le tableau ci-contre est le résultat du test « six points » à la prise de force. Il s'agit en effet du test standard dont la valeur est reprise par l'OCDE et sur les documentations commerciales. Néanmoins, la consommation en traction donne une bonne idée du comportement du moteur au labour. Du côté des performances de l'hydraulique, la capacité du relevage a été mesurée sur toute la course. Un travail minutieux qui aboutit au constat que certains tracteurs délivrent la force de relevage maximale au milieu de la course et non avec les bras en haut. Dans ce cas, la capacité de relevage réellement utile n'est donc pas la valeur maximale mais celle en bout de course.

Puissance réelle. La mesure de la puissance en traction pure indique la puissance réellement disponible pour les travaux lourds comme le labour.

par Corinne Le Gall (publié le 29 janvier 2009)