"Mieux vaut brûler du maïs que faire tomber des chênes." C'est ainsi que Jean-Pierre Peyrusqué coupe court aux arguments des détracteurs du poêle à maïs, qui jugent politiquement incorrecte l'utilisation de ce produit alimentaire pour le chauffage. Ce maïsiculteur (Espoey, Pyrénées-Atlantiques) est un fervent partisan des énergies renouvelables. Après s'être renseigné sur le solaire et l'éolien, il a finalement opté l'an dernier pour un poêle à maïs Europa, régulé électroniquement, d'un montant de 4.200 euros.

Simplicité et économie

Au bout du compte, la facture d'électricité a été réduite de 600 euros. Une différence compensée par les 25 kg de maïs partis chaque jour en fumée. Sans contrainte excessive: la capacité du poêle (40 kg de combustible) lui confère une autonomie de deux jours et les résidus de la combustion sont vidés chaque semaine. Ces 4 kg de cendres par semaine, qui contiennent très peu de mâchefer et sont riches en potasse, sont allés fertiliser la pelouse.

Jean-Pierre Peyrusqué produit son combustible sur une parcelle déclarée en jachère énergétique. Il livre la récolte à la coopérative, qui assure le séchage et le stockage. L'organisme certifie que le maïs est séché à façon, puis redonné à l'exploitant pour autoconsommation. Ce dernier adresse à la DDAF (1) une déclaration sur l'honneur confirmant cette utilisation, ce qui le dispense d'une dénaturation. Même si la conduite est allégée en intrants, le maïs ne doit pas être de trop mauvaise qualité. "Cela fonctionne moins bien avec du maïs attaqué par des insectes, du maïs cassé ou mal trié. La farine génère un dépôt qui salit les vitres et la présence de rafles peut bloquer la vis approvisionnant le foyer", explique-t-il. Seul bémol : la soufflerie un peu bruyante. Un désagrément qui, selon l'exploitant, n'est pas cher payé pour bénéficier de ce système qui combine autonomie et écologie.

(1) Direction départementale de l'agriculture et de la forêt.

par Philippe Pavard (publié le 23 juillet 2004)