Le répertoire de l'installation ne leur avait proposé « rien d'intéressant : 1 hectare à 35 kilomètres d'ici ! » Quand, la retraite approchant, un éleveur caprin de Prahecq, dans les Deux-Sèvres, a cherché un successeur, les jumeaux n'ont pas laissé passer l'occasion.

La ferme de leurs parents, à Saint-Romans-des-Champs, était toute proche et le cédant avait à coeur d'installer un jeune. « Il avait la volonté de maintenir un élevage et il nous a bien accompagnés. »

En dix-huit mois, l'affaire était pliée. Les bâtiments et les 250 chèvres ont été repris, les terres conservées en location.

Le Gaec des Lois, créé pour l'occasion avec les parents Veillon, se trouve aujourd'hui à la tête de 450 chèvres et 125 hectares (luzerne et céréales).

Un nouveau bâtiment a été construit pour stocker les fourrages. Le lait est livré à la coopérative Sèvre & Belle.

Jusqu'ici, Sylvain et Xavier « n'ont pas connu de pépins ». Le plan de développement de l'exploitation (PDE) qu'ils avaient déposé en s'installant est respecté. Ils ont obtenu la DJA et les prêts JA sans souci.

« Tout s'est bien enchaîné. » Ils étaient certes bien préparés. Leur cursus agricole les a conduits au BTS. Ils ont travaillé deux ans et demi comme salarié agricole et dans un service de remplacement avant de s'installer.

Une fois lancés, les techniciens de leurs coopératives Alicoop et Corea les ont « bien aidés ».

Une première année très longue

Malgré la baisse du prix du lait de chèvre, le renchérissement des aliments et le manque de pluie en avril (rattrapé depuis), les deux frères se disent « sereins ». Mais ils se souviendront longtemps d'une « première année "superlongue".

Nous suivions les comptes tous les jours. Nous scrutions sans cesse le comportement des animaux. Dès la deuxième année, nous anticipions mieux. Nous avions plus de repères. Nous dormions mieux… »

Aujourd'hui, ils disent se rémunérer « correctement », sans plus car « il faut préparer l'avenir ». Ils travaillent deux week-ends sur trois et ne prennent que deux semaines de vacances par an.

« Il y a des périodes où on se sent frustrés. On passe certainement à côté de quelque chose. » Ils se promettent de « déconnecter » davantage quand le Gaec aura atteint son régime de croisière.

Ce n'est pas pour tout de suite. Leur frère Simon, 23 ans, salarié sur une autre ferme, va les rejoindre à la fin de 2011 ou au début de 2012. Leur père devrait prendre sa retraite la même année.

Si la banque les suit, un nouveau bâtiment d'élevage sera construit pour réunir les deux troupeaux à Prahecq et porter l'effectif à 800 chèvres. La période s'annonce cruciale.

Les jumeaux ne prennent plus le temps d'aller aux réunions des JA et Xavier a quitté la présidence d'ACDC, comprendre l'Association communale de divertissement champêtre...

Repère

Gaec : avec ou sans famille 64 % des 1.072 Gaec agréés en 2010 étaient familiaux, 18 % constitués entre conjoints et 18 % créés hors cadre familial.

Le répertoire départemental de l'installation

Un réseau de conseillers anime le Répertoire départemental de l'installation (RDI). Intégrés à l'Adasea ou à la chambre d'agriculture, ils accompagnent la transmission des exploitations ainsi que la recherche d'associés.

Le RDI recense, d'une part, les exploitations libres ou libérables, d'autre part, les candidats à l'installation qui souhaitent y apparaître.

Pour cela, le candidat doit se rapprocher du RDI de son département qui lui proposera un entretien permettant de faire le point sur ses critères de recherche.

Le conseiller peut être présent lors des premières visites chez l'exploitant, puis il s'efface afin de laisser les intéressés négocier librement.

A la fin d'août 2011, près de 2.000 offres étaient proposées sur le site internet du RDI (www.repertoireinstallation.com) mais toutes ne sont pas mises en ligne. D'où l'intérêt de contacter directement le RDI départemental.

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D'après « L'installation des jeunes agriculteurs », Editions France agricole.

par Blandine Cailliez, Benoît Contour et Jean-Alix Jodier (publié le 2 septembre 2011)