Fort de son mode de production extensif et de la notoriété de la race normande, le boeuf traditionnel devrait avoir une place de choix sur les étals des petits bouchers détaillants. ' En fait, la quasi-totalité des boeufs normands que nous commercialisons sont orientés vers les filières ' Terres et saveurs ' chez Casino ou ' Boeuf du pays normand ' chez Leclerc, indiquent Gilles Lechevalier et Guillaume Koning, respectivement directeur et secrétaire général de l'abattoir Socopa Normandie du Neubourg (Eure). La principale explication à cette orientation vers les grandes et moyennes surfaces tient à la valorisation de quelques pièces. Comparé à certaines races à viande, un boeuf normand comporte un peu plus de muscles moins tendres. Il se place très bien pour ce qui concerne les pièces à griller, mais comporte aussi des morceaux qui demandent à être cuisinés. Autant il est compliqué pour un petit détaillant de commercialiser ces morceaux, autant une grande surface peut les valoriser en carpaccios ou en steaks hachés. Cette nécessaire étape de préparation ou de cuisine nous amène à démarcher beaucoup du côté de la restauration hors foyer. Pour un restaurant, la bonne image de la race et de son terroir a de quoi séduire une clientèle qui a plus que jamais besoin de repères. A ce titre, le projet d'AOC, avec tout ce qu'il apporte en termes d'image et de repères connus par les consommateurs, devrait contribuer à bien valoriser le boeuf traditionnel normand. '

(*) Secrétaire général de l'abattoir Socopa Normandie.