Un jouet en bois, un fromage, une terrine, du miel... tout produit peut être agréé Vosges Terroir s'il respecte un cahier des charges très rigoureux. Cette marque qui appartient à la chambre d'agriculture des Vosges, a été créée en 1988.

"Nous cherchions une identité pour l'ensemble des produits de notre territoire qui rassemble des agriculteurs, des éleveurs, des artisans; ceux des plaines et ceux de la montagne", explique Gilles Laporte de la chambre d'agriculture.

"Nous établissons une charte pour chaque produit. Les producteurs peuvent les soumettre à une commission composée de personnes extérieures comme des restaurateurs ou des traiteurs."

Pas question d'être juge et partie pour Pascale Miclo, agricultrice, responsable à la chambre du projet tourisme. "Tous les ans, les juges changent, les produits sont réexaminés."

Cette surveillance drastique certifie la qualité des 170 produits agréés. "Le terroir c'est le sol, le climat, les hommes, leur savoir-faire, l'histoire. Ces produits sont issus de la tradition vosgienne même si nous ne sommes pas réfractaires aux innovations. A nous de fixer les limites", souligne Gilles Laporte.

Pour prolonger l'action de la chambre, des producteurs ont créé une SARL en 2001. Cette dernière gère un point de vente à Gérardmer.

Les Jardins d'Aubagne, un atout pour la vente directe

Maraîcher, Bernard Baudin a démarré la vente directe de ses légumes grâce à la marque "Jardins du pays d'Aubagne".

"Notre argument de vente est simple: plus frais, plus près. Un organisme extérieur contrôle l'application de notre cahier des charges pour garantir la rigueur de notre démarche."

Il préside le Ceta du pays d'Aubagne qui veille sur le cahier des charges de la marque déposée en 1996 par la communauté d'agglomération Garlaban Huveaune, Sainte-Baume.

Cette démarche de la mairie était l'étape ultime de la reconquête de terres menacées par l'urbanisation aux alentours d'Aubagne. Sur les vingt-six producteurs qui adhèrent à la marque, quatre maraîchers vendent sur le marché de la ville.

"Nous ne vendons pas plus cher que les revendeurs mais nous vendons plus", explique Bernard Baudin. La famille Knaipping qui dispose de 8 ha entre maraîchage et oliveraie, a posé la banderole "Jardins d'Aubagne" à l'entrée de son exploitation au pied des immeubles.

Le père produisait de la salade à l'entrée de la ville. "Nous en avions grand mais chaque année le chiffre d'affaires baissait." Quand son fils s'installe, il ouvre un point de vente dans son hangar et diversifie sa production.

Il propose d'avril à novembre quarante-cinq produits cueillis du jour. "En trois ans j'ai triplé mes présentoirs." D'autres producteurs travaillent sous la marque avec des grandes surfaces.

"Les grossistes en revanche préfèrent leur propre marque. Nous allons travailler avec dix épiceries fines jusqu'à Marseille", conclut Bernard Baudin.

par Marie-Gabrielle Miossec et Claire Algrain (publié le 13 février 2004)