Le M130X est le plus gros tracteur de Kubota. Il est entièrement construit au Japon.

Le Kubota M130X en images : diaporama – vidéo.

Bi-speed. Ce mode permet de réduire l'angle de braquage. La vitesse du pont avant s'en trouve augmentée.

Ergonomie. L'extrémité de l'accoudoir accueille le relevage, le terrage et le passage des 8 powershifts.

Fiche technique

 Puissance : 132 ch

 Prix : 70.168 euros

 Moteur : Kubota, 4 cylindres, 6,1 l

 Transmission : 16/16 SP

 Gestion des ponts : bi-speed sur pont avant

Moteur (note : 6/10)

Le bloc à 4 cylindres de 6,1 l de cylindrée est de fabrication maison. La puissance maximale du M130X est atteinte au régime nominal, avec 132 ch à 2.200 tr/min.

La courbe de puissance du moteur est donc constante, ce qui ressemble aux moteurs d'ancienne génération. Sa consommation spécifique moyenne est similaire à celle du Lindner, avec 287 g/KWh.

Sa puissance à la traction est également atteinte à 2.200 tr/min, avec 100,4 ch et une consommation de 317 g/KWh. On s'attend à mieux avec un moteur de cette cylindrée.

En cabine, un potentiomètre placé au tableau de bord limite le régime. Sur la console de droite, on retrouve un accélérateur à main dont la course est assez réduite. Un interrupteur mémorise deux régimes, A et B. Un appui long permet de valider le régime souhaité.

Transmission (note : 8/10)

La transmission maison dispose de deux gammes mécaniques, H et L, avec 8 vitesses à passage sous charge. Le passage des powershifts s'effectue sur l'accoudoir ou sur le levier de gamme. Ce dernier est doté d'un embrayage électrohydraulique, avec un bouton situé sous le levier.

Cette boîte 16/16 dispose également de 8 vitesses rampantes, avec une commande manuelle au plancher à gauche. Sur la plage de travail de 4 et 12 km/h, 7 vitesses sont disponibles, dont 5 en L et 2 en H avec un bon recoupement.

Dommage que le rapport engagé reste le même lors d'une inversion en marche arrière pour les manoeuvres de bout de champ. Sur la console de droite, un bouton automatise le passage des rapports avec un mode route et champ. Jusqu'à 4 rapports sous charge peuvent être passés automatiquement.

Là encore, la programmation n'est pas très intuitive. Le chauffeur doit d'abord choisir combien de rapports il souhaite automatiser, puis définir son rapport maximal. L'automatisme gère alors le passage de powershift à partir de cette valeur.

Un potentiomètre +/- contrôle l'agressivité de la transmission, sans effet notable à moins d'être réglé en position extrême. Un potentiomètre de type Eco/Power serait plus compréhensible. L'avantage du système est qu'il rétrograde automatiquement lorsque l'outil est relevé.

Relevage (note : 6/10)

Sur le M130X, le relevage arrière est de catégorie II tandis que l'avant est de catégorie III. L'arrière est un peu court pour un tracteur de cette puissance, laissant peu de place pour atteler et dételer le matériel.

Les commandes sur l'accoudoir de ce relevage électronique conçu par le tractoriste permettent de contrôler les montée et descente, ainsi que le terrage avec un rappel mécanique de la profondeur. On notera qu'il n'y a pas de position neutre.

Les réglages de vitesse de descente, butée haute, contrôle d'effort/position s'effectuent depuis la console de droite à l'aide de potentiomètres. Le verrouillage du relevage est caché sous le siège du chauffeur, une position inhabituelle qui peut faire perdre du temps à de la main-d'oeuvre occasionnelle.

Hydraulique (note : 6/10)

A l'arrière, un retour libre et deux distributeurs à double effet à commande mécanique équipent le M130X. Un troisième distributeur est utilisé pour le relevage avant. Celui du milieu peut être doté d'une alimentation pour un chargeur frontal indépendant des distributeurs arrière.

Les distributeurs sont distingués par un code de couleur rouge et vert alors que chaque entrée et sortie extérieure est numérotée. On regrette qu'il n'y ait pas de correspondance entre l'arrière et les leviers en cabine.

Prise de force (note : 6/10)

L'engagement de la prise de force est très progressif. Un bouton permet de l'activer facilement depuis la console de droite.

Deux régimes sont proposés, 540 et 1.000 tr/min, avec l'absence d'un mode économique et d'automatisme. Le passage d'un régime à l'autre est mécanique, sans l'assistance d'un embrayage, ce qui le rend parfois difficile.

Un petit écran numérique monté sur le montant droit rappelle au chauffeur la vitesse de rotation de la prise de force. Seul problème : il faut changer d'écran pour passer d'un régime à l'autre et le boîtier affiche toujours une valeur, même lorsqu'aucun régime n'est sélectionné.

Ponts (note : 8/10)

Pas d'automatismes sur les ponts du Kubota. Une fois activées, les 4 roues motrices sont permanentes. L'enclenchement du blocage arrière se fait à l'aide du talon droit, en laissant le pied dessus.

Pour l'avant, un interrupteur placé au tableau de bord l'active sans mode automatique. La particularité du Kubota est le mode Bi-speed qui, au-delà d'un angle de rotation des roues avant de plus de 35°, entraîne les roues 1,6 fois plus vite que celles arrière.

Ce système se désactive à partir de 12 km/h et permet de réduire l'angle de braquage du tracteur lors des manoeuvres en bout de champ. Ainsi, nous n'avons jamais utilisé l'inverseur avec la herse rotative de 3 mètres.

  

CABINE (note : 7/10) : finition plastique mais console ergonomique

Avec une porte de 68 cm de largeur et de grandes poignées pour se maintenir, l'accès à la cabine à 6 montants est aisé. A l'intérieur, le plafond est très bas mais la visibilité sur 360° reste très correcte et le long capot ne la perturbe pas.

La cabine est dominée par le plastique, dont la couleur marron rappelle les intérieurs des tracteurs Case IH et John Deere. A droite, l'opérateur dispose d'un accoudoir avec, à son extrémité, les passages des rapports powershifts, les montée et descente du relevage, ainsi que le contrôle de profondeur. Les autres commandes sont regroupées sur la console de droite. Un petit écran numérique monté sur cette même console informe le chauffeur du régime de prise de force.

Chaque levier est pourvu d'un code de couleur et d'un pictogramme rappelant sa fonction. A gauche du volant, on retrouve un inverseur à passage sous charge situé un peu loin du volant. Le bruit en cabine est dominé par le son du moteur et est plutôt modéré, avec 76,6 dB(A).

LE BILAN DE L'ESSAI
Les points fortsLes points faibles

Finition soignée.

Boîte de vitesses confortable.

Fonction Bi-speed.

 Courbe de puissance du moteur.

 Pas d'amortisseur d'oscillations.

 Plafond de cabine bas.

par Henri Etignard et Corinne Le Gall avec Guido Höner, Frank Berning, Jan-Martin Küper (Top Agrar), Nick Fone (Farmers Weekly) et Frits Huiden (Boerderij) (publié le 5 novembre 2010)