L’élevage laitier d’Étienne Fourmont à Viré-en-Champagne, dans la Sarthe, ne correspond pas aux images d’Épinal chères aux publicitaires : deux robots de traite (installés par son père depuis bientôt vingt ans), des vaches qui ne sortent pas en pâture, un lait transformé en Vache qui rit et Babybel… Un élevage classique et performant avec 75 vaches laitières et 90 ha qu&rsquo...
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L’élevage laitier d’Étienne Fourmont à Viré-en-Champagne, dans la Sarthe, ne correspond pas aux images d’Épinal chères aux publicitaires : deux robots de traite (installés par son père depuis bientôt vingt ans), des vaches qui ne sortent pas en pâture, un lait transformé en Vache qui rit et Babybel… Un élevage classique et performant avec 75 vaches laitières et 90 ha qu’Étienne n’hésite pas à mettre en avant sur les réseaux sociaux. « Il y a cinq-six ans, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de messages de militants anti-élevage. J’ai commencé à leur répondre, à expliquer que l’élevage n’est pas comme ils le prétendent. Moi, je n’ai rien à cacher. »

Étienne crée son compte Twitter en 2013. Mais comme il n’est pas facile d’expliquer son métier dans des messages de 280 caractères, il lance sa chaîne YouTube en septembre 2017. L’occasion de monter des vidéos, un loisir qu’il aime de longue date.

Pour faire passer ses informations, Étienne fait preuve de pédagogie : « Il faut rester factuel. Se dire que ceux qui sont derrière leur écran n’y connaissent rien, mais qu’ils veulent comprendre. J’utilise un vocabulaire accessible à tous. » Les mots techniques sont à bannir. Même un terme comme « fourrage ». « Mieux vaut parler d’herbe, de maïs ou de luzerne », conseille l’éleveur.

S’exprimer avec humour

L’autre arme d’Étienne : l’humour. Pour cet amateur des Nuls, des Inconnus ou des blagues du Youtubeur Mister V (1), pas question de paraître « triste, malheureux ou larmoyant ». Pour lui, le principal piège à éviter est d’être « trop dans l’émotion ». « Nous, les agriculteurs, nous sommes passionnés par notre métier. Nous avons tendance à nous emporter et ce n’est pas bon. »

Comment fait-il face quand on le traite de « violeur » ou d’« assassin » ? « Ce n’est pas dans mon caractère de m’énerver, répond-il, pas revanchard. Et puis, je me suis “blindé” dans la cour d’école où mes cheveux roux suscitaient les moqueries ! » Il a aussi appris à ne pas perdre trop de temps avec des détracteurs trop insultants ou méchants (« Il faut les bloquer, passer à autre chose »). Toujours positif, l’éleveur préfère parler de ces gens qui ont changé d’avis grâce à ses explications, de ses échanges avec des lycéens et étudiants en formation agricole, de ses « nouveaux copains agriculteurs » actifs comme lui sur la toile (« Nous discutons en privé. Nous nous soutenons. »).

Il encourage tous les agriculteurs à communiquer. Et s’ils n’ont pas envie de se dévoiler, qu’ils s’emparent des réseaux sociaux pour « liker et retweeter » les messages positifs sur l’agriculture. Il reconnaît que cette activité lui prend du temps : 2 heures par jour pour Twitter (« 5 minutes de temps en temps, tout au long de la journée ») et 4 à 6 heures pour une vidéo YouTube de 5 à 10 minutes. Avec la notoriété s’ajoutent désormais les sollicitations de journalistes et des demandes pour intervenir à des débats.

Depuis un an et la multiplication des attaques contre l’élevage, le regard de son père sur son exposition médiatique a changé. « Aujourd’hui, il me comprend mieux. Même si ça l’agace toujours de me voir avec le smartphone à la main quand il y a du boulot. »

Aurore Cœuru

(1) Suivi par 4,5 millions d’abonnés, Mister V a fait une vidéo avec les Produits laitiers.