Vendre ensemble de la viande directement au consommateur. C'est l'idée des éleveurs de la Cavac, en Vendée. Ils ont lancé en juin 2011 le site Terredeviande.coop.

« Nous voulions nous démarquer et limiter les investissements, explique Christelle Amiaud, éleveuse de porcs et de bovins aux Essarts (Vendée). Nous avons pensé à un magasin en ligne. Il existe peu de sites pour commander de la viande et la payer en ligne. En nous regroupant, nous avions une autre force. Nous pouvions proposer toutes les espèces : boeuf, porc, agneau, lapin, poulet, pintade, canard, caille, pigeon... Nous avons aussi voulu que tous les produits aient la même visibilité. » Une gamme bio est aussi disponible.

C'est la qualité de leurs viandes et sa traçabilité que mettent en avant les éleveurs. Elles sont toutes produites sous des signes de qualité. Les consommateurs peuvent retrouver le nom de l'éleveur sur l'emballage sauf pour les produits élaborés. La démarche est mutualisée. Les animaux sont choisis en fonction des commandes et de la qualité recherchée.

Les éleveurs sont payés au même prix que si leurs animaux étaient écoulés via un autre circuit. Les bénéfices seront ensuite redistribués à l'ensemble des adhérents. C'est la coopérative qui gère la démarche de A à Z. Les éleveurs n'ont pas de travail supplémentaire.

Navigation facile

En quelques clics, les clients font leurs courses en ligne. Le site propose des colis tout prêts mais le consommateur peut aussi composer son assortiment. A condition que la commande fasse un poids minimal de 5 kg.

« Si une personne commande 5 kg de viande, elle peut ne recevoir que 4,9 kg en fonction des morceaux, précise Christophe Ménoret, le responsable du projet. Nous recréditons la différence de prix. A l'inverse, si le poids est supérieur, nous ne prélevons pas plus. »

La simplicité de ces quelques clics cache une gestion rigoureuse. Christophe commande les produits le jour où le client est allé sur le site. Il n'y a jamais de stock. La viande est découpée dans des outils locaux et mise sous vide. Les produits sont livrés à Terre de viande le mercredi et les colis sont réalisés le jeudi.

Les commandes peuvent être déposées dans une quarantaine de points relais de la région via les magasins Gamm vert et Agri village de la coopérative. Les frais de port sont alors gratuits. Les colis peuvent aussi être livrés à domicile dans toute la France, hormis cinq départements de montagne où la livraison en 48 h est impossible.

Le coût du transport et de l'emballage est de 15 € pour 5 à 10 kg de viande. Mais sans camion frigorifique, comment gérer la chaîne du froid ? L'idée est d'utiliser des emballages isothermes qui maintiennent les produits en dessous de 4°C pendant 48 h.

Le lancement d'un site n'est pas aussi simple qu'il y paraît. « Il a fallu se faire connaître, remarque Christophe Ménoret. C'est long et compliqué. Nous avons fait de la publicité en local. Nous avons aussi travaillé pour apparaître en première page dans les moteurs de recherche. »

Résultats

• 300 produits proposés à la vente

• 800 colis livrés depuis juin, soit 5 t de viande

• 45 % de boeuf, 30 % de porc, 10 % de lapin, 15 % de volailles entière ou découpée, 3 % de bio

• 75 % en point relais, 15 % en région parisienne, 10 % dans les autres régions 

Expert : CHRISTOPHE MÉNORET, responsable des circuits courts à Terre de viande

« Faire sans cesse vivre le site »

« Après les fêtes, les achats ont ralenti. Nous avons mis en place des promotions chaque semaine. Sans casser les prix, nous mettons des produits en avant. Nous envoyons toutes les semaines une newsletter pour avertir les clients et relancer les ventes.

Il faut aussi être très réactif : si un internaute pose une question, il faut répondre très rapidement, même le week-end. L'idée est de montrer qu'il y a toujours un interlocuteur disponible et que le consommateur n'est pas seul derrière son ordinateur.

Chaque produit est illustré avec une photo du morceau en frais tel qu'il sera livré. Nous introduisons aussi des recettes pour chaque produit. Nous avons mis en place des vidéos des éleveurs qui présentent leur exploitation et leur démarche. Nous élargissons aussi de plus en plus notre palette de produits. Bientôt, nous allons introduire de la charcuterie sèche.

Nous travaillons aussi pour proposer des légumes secs comme des lentilles ou des mojettes de Vendée qui sont produites au sein de la coopérative. Cela nous demande aussi de revoir le site régulièrement pour faciliter la navigation. »

Carole Hiet (publié le 24 février 2012)