Amoureux de la nature » , Julien Sterza, a « toujours voulu être agriculteur ». Originaire de la région, il est tombé dans le métier tout jeune, grâce à un oncle éleveur chez lequel il a fait son apprentissage.

Bac pro CGEA (1) en poche en 2009, il rejoint aussitôt la ferme du Marais (vaches laitières et élevage de génisses) en tant que salarié.

Quatre mois plus tard, il devient le quatrième associé du Gaec, en remplacement des époux Caddoux, à l'origine de sa création.

Tout se passe pour le mieux : qualité des informations fournies lors de l'installation, accueil par les associés actuels et anciens, démarches administratives, obtention de la DJA (26 000 euros : un chiffre dans la norme dans cette région de moyenne montagne).

Tant et si bien que, sans emprunter, il prend dès son arrivée 10 % des parts du Gaec (bâtiments et terres ont été sortis du capital). Il en détient désormais 15 %, le but étant de se rapprocher de 25 %.

L'ambiance de travail passe avant le financier

Julien se sent déjà de plain-pied dans l'exploitation. De même que Gérald Caddoux, il est « responsable » de l'élevage, Damien Caddoux et Steve David-Rogeat ayant la haute main sur les cultures et le machinisme. Mais tous restent polyvalents.

Une semaine sur deux, Julien assure la traite du matin (5h30). Un week-end sur deux, il en est dispensé. Il prend quatre semaines de congés par an : deux l'été et deux l'hiver.

« Avant, c'était tabou de parler des vacances. On passait pour un fainéant. Les mentalités ont évolué. »

Certes, il reconnaît avoir du mal à décrocher : « Au bout d'une semaine, j'en ai assez. » L'explication surgit aussitôt : il se dit « assez terre à terre » et, surtout, « heureux dans son travail ».

Si son objectif est de parvenir à une rémunération de 2.000 euros par mois, ce n'est pas ce qui le fait avancer. « On ne s'installe pas pour gagner de l'argent. L'ambiance passe avant le financier. Le financier sans la passion, ça ne dure pas. »

Ça tombe bien, les relations de travail entre les associés sont excellentes. Chacun a le souci de l'autre. Même chose avec les autres agriculteurs du village, unis autour de leur Cuma.

La situation du Gaec est « sereine » et la coopérative laitière des Fermiers savoyards, qui collecte les 800.000 litres du Gaec, « marche bien ».

Du haut de ses 21 ans, Julien se sent un associé à part entière. « Tout le monde décide ensemble. J'ai voix au chapitre. Ils ont tout fait pour bien accueillir un jeune et assurer une bonne transition avec les parents. »

Une méthode a fait ses preuves : pendant la pause casse-croûte du matin, on peaufine le programme de la journée. Concernant les décisions stratégiques, les associés se mettent autour d'une table pendant une, voire deux journées si c'est nécessaire.

_____

(1) Conduite et gestion de l'exploitation agricole.

Coup de pouce à la DJA pour le suivi relationnel dans les sociétés agricoles

Depuis 2011, le jeune agriculteur qui s'installe en société en Haute-Savoie bénéficie d'un point de plus sur sa DJA (910 euros en zone de montagne) s'il contractualise unaccompagnement relationnel.

Un diagnostic individuel et un diagnostic relationnel du groupe sont établis pour mettre en place, avec les associés, un plan de progrès. Le suivi s'effectue à la carte selon la problématique de l'exploitation.

En Haute-Savoie, un tiers des sorties de sociétés agricoles «  font suite à une mésentente, ce qui est dans la moyenne nationale, indique Blandine Daval-Pommier, conseillère à la chambre d'agriculture.

Comprendre et organiser le fonctionnement du groupement est essentiel pour bâtir un socle solide et permettre d'allier objectifs d'entreprise et objectifs individuels. Les problèmes relationnels affectent directement la performance technico-économique des exploitations. »

par Blandine Cailliez, Benoît Contour et Jean-Alix Jodier (publié le 2 septembre 2011)