Au début de chaque printemps, les pâtures ont des allures de stade de foot avec des bandes d'herbes bicolores dues aux va-et-vient des herses de prairie. Ces matériels aèrent, régénèrent, émoussent les sols et stimulent la pousse de l'herbe dès la sortie de l'hiver.

Nous avons testé huit machines aux conceptions différentes dans une prairie permanente d'une exploitation de polyculture élevage dans le Doubs.

Les compétiteurs présents lors de notre test étaient Carré avec sa Prairial, Devillers avec son Etaupinoir, Joskin Scariflex, Jurane avec l'Actiprairie, Ponge avec l'EP 60 et la HPPE 60 DV et Querry avec un Etaupinoir et une L 640.

D'autres marques ont été sollicitées pour ce test comparatif, mais elles n'ont pas souhaité participer ou n'ont pas pu nous mettre du matériel à disposition.

 

Remisage. Toutes les herses se remisent repliées.

Réglages. Les réglages sont peaufi nés pendant les essais.

Plusieurs catégories

Deux catégories de machines se distinguaient clairement par leurs pièces travaillantes.

D'un côté, les rabots – qui utilisent un simple cadre mécanosoudé composé de barres IPE et de cornières –, posées sur le sol et qui étalent les taupinières.

De l'autre, les herses – composées de plusieurs rangées de dents souples, vibrantes et de rabots montés en quinconce – qui offrent un travail plus approfondi : scarification, émoussage, étaupinage, régénération et entretien des pâtures.

Là encore, différentes conceptions s'affrontent que vous allez découvrir tout au long de ce comparatif.

Analyse. Après chaque passage, la qualité du travail est analysée.

Condition. Les conditions climatiques étaient optimales pour notre test grandeur nature.

Conditions idéales

Il est toujours difficile de prévoir le temps qu'il fera le jour du test. La chance était avec nous et le soleil de ce début de printemps était bien présent.

Le thermomètre affichait plus de 20°C en début d'après-midi. Quelques millimètres de pluie étaient tombés la semaine précédente rendant certains endroits de la parcelle encore gras.

Cependant, les conditions pour passer la herse de prairie dans les pâtures étaient bonnes.

Notons que la parcelle avait reçu 30 tonnes par hectare d'un fumier peu pailleux apporté avec un épandeur à hérissons verticaux.

Protocole

Le premier jour était réservé à la présentation des herses de prairie par les constructeurs. Ils nous ont livré les instructions sur leur mode de fonctionnement et expliqué les différentes caractéristiques techniques de leur produit, ainsi que leur positionnement dans la gamme. Ils ont ensuite expliqué les différents réglages possibles avant de les mettre en pratique dans la parcelle.

Les deux jours qui ont suivi étaient consacrés au test comparatif dans la pâture. Deux tracteurs en location d'une puissance de 105 ch en quatre cylindres nous ont permis de rouler les herses.

Pour certaines machines comme les deux Ponge, un lestage avant du tracteur était le bienvenu, surtout pour stabiliser l'ensemble tracteur-outil lors des manoeuvres en fourrières dans la parcelle en pente.

Chaque machine a effectué plusieurs allers-retours avec une vitesse différente d'une machine à l'autre, respectant la préconisation du constructeur.

Pour compléter ce test et connaître le travail réalisé par chaque machine, nous avons analysé l'état de surface de la prairie. Pour cela, nous avons sélectionné deux échantillons d'un mètre carré chacun et apprécié à l'oeil nu l'état de surface.

Ensuite, à l'aide d'un mètre ruban, nous avons mesuré la largeur entre les passages de dents et leur profondeur de travail. Puis à l'aide d'un râteau à gazon, nous avons comparé l'herbe sèche arrachée.

Deux mois après, il était difficile de déterminer la différence d'efficacité du travail de chaque herse. Cela est dû à un printemps pluvieux et froid qui a ralenti fortement la pousse de l'herbe.

Néanmoins, à l'issue de cet essai, deux matériels sortent du lot par leur adaptabilité au champ, leur qualité de travail, leur conception et leur niveau de finition : la herse Prairiale et la EP 60. Le dernier jour du test était consacré au nettoyage des machines et à l'entretien.

Combiner le sursemis et la régénération

Certaines marques de herses de prairie de notre test acceptent un semoir à petites graines (Ponge, Carré, Jurane). Sur le marché, plusieurs marques conçoivent ce type de matériel : Hatzenbichler, Delimbe, SemLoc, Sepeba…

Un châssis supplémentaire accueille la trémie de 100 à 200 l au maximum. Elle est généralement montée sur Silentbloc pour limiter les vibrations.

La distribution est mécanique avec un entraînement DPA par une roue squelette. Le transport de la graine est pneumatique ou simplement par gravité. L'entraînement de la soufflerie est électrique.

Le sursemis se fait à la volée. Des tubes de descente ou des buses espacées selon les marques entre 15 et 50 cm projettent la graine au sol. Un passage de rouleau lisse peut être réalisé si le stade végétatif de l'herbe est avancé.

Le choix de la rédaction 

Après deux jours d'essai dans les pâtures, notre choix s'est arrêté sur deux herses de prairie : la Prairial de Carré et la EP 60 de Ponge. Deux machines de conception différente mais qui réalisent un travail de qualité. L'une scarifie tandis que la seconde émousse. Ces deux machines nivellent les taupinières à l'aide de rabots. Leur niveau de finition est très bon.

• Carré Prairiale

La Prairiale se différencie par ses deux parties indépendantes du châssis porteur, et chacune montée sur une articulation pivot pour le suivi du sol.} Réglages précis grâce aux graduations. La Prairiale se règle très facilement et méthodiquement. Les roues de terrage bénéficient de repères gradués, tout comme les tirants qui ajustent l'agressivité des dents.

- Des couteaux réversibles. Les couteaux scarifient le sol et l'aèrent. Ils sont démontables et bénéficient de quatre ajustements pour corriger leur usure.

- Une finition haut de gamme. La herse est conçue sur un châssis très robuste. Le remisage se fait à l'aide de béquilles. Les pièces travaillantes ne sont pas contraintes durant cette période.

• Ponge EP 60

Elle se démarque par sa simplicité (aucun réglage), et son rendement (8,4 ha/h théorique).

- Suivi du sol. Les vérins de repliage sont fixés dans des lumières pour favoriser le suivi du sol, de même que l'attelage, qui bénéficie d'une lumière pour le 3e point.

- Des rabots 3D. Deux ressorts par rabots leur permettent une liberté de mouvement en trois dimensions. Les 15 rabots sont montés en quinconce sur deux rangées de manière à laisser passer la terre des taupinières ou les paquets de fumier fraîchement épandus durant l'hiver.

- Un suivi du sol par parallélogramme. La herse étrille à trois rangées de doubles dents épouse le sol grâce à un système de biellettes formant un parallélogramme. Des ressorts amortissent et sécurisent le système pendulaire.

Sébastien Chopin, Henri étignard, Corinne Le Gall et Nicolas Levillain (publié le 18 mai 2012)