Pöttinger. La Servo 35 Plus a travaillé avec des corps universels.

Rabe. La Raven V 1500 dispose d'une conception très simple.

Unia. La Corn Ibis est deux fois moins chère que les autres.

Kverneland. La EG 100 possède un réglage rapide de la largeur.

Overum. La Vari Flex CX est équipée d'une roue intelligente.

Lemken. La Vario Opal 7 possède la meilleure finition et la structure la plus robuste.

Vogel & Noot. La Plus XM est simple à régler et bien conçue.

Kuhn. La Vari-Master 122 P6 offre l'une des meilleures qualité de travail.

 

Le choix d'une charrue est une affaire complexe car il faut trouver le bon compromis entre la robustesse de la machine et la qualité de son travail. Labourer ne se limite pas à retourner de la terre. De la qualité de ce travail profond dépend la réussite de la culture, de son enracinement et de la destruction des adventices.

Pour mettre à l'épreuve huit de ces charrues, La France agricole s'est une nouvelle fois associée à ses confrères européens : Boerderij (Pays-Bas), Top Agrar (Allemagne) et Farmers Weekly (Grande-Bretagne). Nous avons pris la direction des Pays-Bas pour tester les charrues dans les polders (terres gagnées sur la mer) avec un taux d'argile moyen de 35 %. Sur la partie nord de la parcelle, le taux d'argile se situait plutôt autour de 20 %, permettant ainsi d'évaluer le comportement des charrues en conditions moins difficiles. Tous les constructeurs ont eu la possibilité de prérégler leur matériel en fonction de ces conditions.

Cibler le coeur du marché

Nous avons opté pour des charrues portées réversibles à largeur variable qui représentent le coeur du marché. Nous avons volontairement limité le nombre de corps à 4 afin de réduire le nombre d'hectares nécessaires. De plus, l'idée était de tester des charrues adaptées à des tracteurs de 100 à 170 ch. Deutz-Fahr a fourni deux M 640 (165 ch) identiques pour les tests. Ces tracteurs étaient chaussés de Michelin Omnibib en 580/70 R 38 à l'arrière et de 480/70 R 28 à l'avant.

Le labour étant une affaire de spécialistes, nous avons fait appel à trois experts de la charrue pour régler les matériels et juger la qualité du travail. Ces trois agriculteurs néerlandais sont responsables du travail du sol à la station de tests de Lelystad. L'un d'entre eux est juge pour les concours de labour.

Un autre jury, composé de trois ingénieurs en mécanique, a évalué la qualité de la construction. Sur la semaine de test, nous avons évalué cinq critères : la facilité de réglage, la variation de la largeur avec le circuit hydraulique du tracteur, la qualité de la construction, le labour (qualité du travail) et enfin l'efficacité de la sécurité.

Priorité à la qualité du labour

Des cinq épreuves, la qualité du labour est la plus importante pour le choix d'une charrue. Pour évaluer le travail de chaque matériel, la parcelle de tests a été divisée en deux parties. La première a servi à régler précisément les charrues. Dans la seconde partie, chaque matériel a effectué quatre passages avant l'évaluation de son travail par le jury. Les charrues ont labouré à 20 cm et ont travaillé entre 5 et 6,5 km/h.

Pour chaque matériel, le jury a regardé le nivellement (tous les sillons à une même hauteur), le recouvrement (pas de creux visibles entre les sillons) et le retournement total du sol avec un enfouissement complet des résidus. Il est important de préciser que certaines charrues n'étaient pas correctement équipées pour travailler dans 35 % d'argile. Leurs performances peuvent donc être améliorées avec un corps différent. Les différences entre les concurrentes étaient tellement visibles sur la parcelle d'essais qu'il n'y a pas eu beaucoup de débats entre les jurés.

Le réglage est l'épreuve qui a fait émerger le plus de différences entre les matériels, après le labour. Si l'ajustement des différents paramètres est un jeu d'enfant sur certaines, il peut virer au cauchemar sur d'autres. Sur un ou deux matériels, les testeurs ont même renoncé à régler l'aplomb au niveau de la charrue et ont bougé les bras de relevage. Néanmoins, les agriculteurs du jury ont insisté sur l'importance moindre de la facilité de réglage par rapport à la qualité du travail. 

 

Un bloc de béton pour tester la sécurité

Les parcelles des polders étant dépourvues de pierres, nous avons créé un obstacle artificiel pour tester les sécurités des charrues. Nous avons enterré des parpaings à 20 cm de profondeur. Ils ont été remplis sommairement de ciment. Chaque charrue est ensuite passée sur l'obstacle et nous avons observé le comportement des boulons de protection. Les constructeurs, avertis à l'avance de cette épreuve, ont accepté d'y participer. Seul Unia s'est montré réticent et nous avons préféré ne pas lui faire subir l'épreuve. La charrue Kverneland, prêtée par un entrepreneur, a également été dispensée de test. Cette épreuve spectaculaire n'a pas montré de différences majeures. Tous les boulons de cisaillement ont fonctionné correctement. Kuhn remporte l'épreuve avec son boulon de traction, plus rapide à remplacer.

Kuhn Vari-Master 122 et Vogel & Noot Plus XM 950 Vario

 La qualité du labour est le critère le plus important dans le choix d'une charrue. Dans leurs configurations de l'essai, la Kuhn et la Vogel & Noot se sont distinguées dans ce domaine. Les deux charrues ont réalisé le meilleur travail avec un labour régulier, un bon enfouissement des résidus et des sillons bien nets.

Elles n'ont pas non plus démérité dans les autres épreuves. L'une et l'autre sont simples à régler et possèdent un dispositif de réglage de la largeur simple et précis. La qualité de construction est au rendez-vous dans les deux cas.

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Kuhn Vari-Master 122 P6 : le bon compromis

Kverneland EG 100 : le pionnier de la largeur variable

Lemken Vario Opal 7 : le réglage dans un fauteuil 

Overum Vari Flex CX : une roue de jauge intelligente 

Pöttinger Servo 35 Plus : deux roues de jauge fixes 

Rabe Raven V 1500 : efficace pour enfouir les résidus

Unia Corn Ibis XXL : 2.500 euros par corps 

Vogel & Noot Plus XM 950 Vario : la meilleure qualité de travail

par Corinne Le Gall (publié le 12 février 2010)