Avec le tébuconazole appliqué sur environ 3,5 millions d’hectares (Mha) de blé en 2018, le chlorothalonil sur près de 3 Mha, et le prothioconazole sur un peu plus de 2,5 Mha, les molécules les plus employées restent des produits de synthèse. Il faut, malgré tout, noter que près de 120 000 ha de blé auraient reçu une application de soufre, et que le stimulateur de défense naturelle...
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Avec le tébuconazole appliqué sur environ 3,5 millions d’hectares (Mha) de blé en 2018, le chlorothalonil sur près de 3 Mha, et le prothioconazole sur un peu plus de 2,5 Mha, les molécules les plus employées restent des produits de synthèse. Il faut, malgré tout, noter que près de 120 000 ha de blé auraient reçu une application de soufre, et que le stimulateur de défense naturelle Vacciplant GC (Goëmar) aurait atteint près de 150 000 ha, soit environ 5 % des surfaces de blé. Arvalis estime d’ailleurs qu’une progression des surfaces de soufre à 300 000 ha pour 2025 est envisageable, d’autant que d’autres substances majeures vont être commercialisées pour la dernière fois en 2019 ou dans les années à venir (voir encadré p. 56).

D’autres éléments poussent le biocontrôle, comme le plan « Ecophyto ». Ce dernier diminue les délais d’évaluation de ces spécialités ou de nombreux projets qui travaillent sur ce type de solutions. C’est notamment le cas de R2E, réseau d’excellence expérimentale de recherche participatif, constitué d’organismes collecteurs agréés BPE (bonnes pratiques d’expérimentation), pour élaborer des références agronomiques. Autres exemples : le consortium biocontrôle ou le projet Emphasis, qui rassemble les compétences et l’expertise de vingt-deux partenaires issus de dix pays européens (voir encadré expert p. 57).

Ainsi, même si le besoin d’innovation en termes de produits de biocontrôle est encore grand, ces derniers sont de plus en plus présents. Arvalis précise qu’actuellement « le soufre est la meilleure option technique pour lutter contre les maladies du blé ». Contre septoriose, les spécialités à base de cette molécule font l’objet de la fiche 29 du Contrat de solutions, lancé par la FNSEA avec quarante partenaires il y a un an. Une fiche-action, établie dans le cadre des CEPP (Certificats d’économies de produits phytopharmaceutiques), concerne également le soufre. Son intitulé a été modifié au printemps dernier pour englober d’autres usages à côté de l’oïdium, telle que la septoriose.

Bientôt du phosphonate de potassium

Deux spécialités ont obtenu une extension d’AMM (Autorisation de mise sur le marché) sur la septoriose dernièrement. Il s’agit d’Actiol (second nom Faeton SC), de Phyteurop, et d’Heliosoufre S, d’Action Pin (Helioterpen Soufre, Vertisoufre et Biosoufre), respectivement à 10 l/ha et 6 l/ha. Si Thiovit jet Microbilles, de Syngenta, vient, lui aussi, d’obtenir une AMM sur septoriose ces derniers jours, d’autres formulations de soufre comme Microthiol, d’UPL, ou Kumulus, de BASF, en bénéficieraient prochainement.

De son côté, De Sangosse, qui détient Polyversum, un micro-organisme (souche M1 du champignon Pythium oligandrum), va retravailler son positionnement plus tôt en saison. Si la cible reste la fusariose de l’épi, il ne sera plus conseillé au stade floraison. Un projet à base de phosphonate de potassium (DSPF016), éligible au biocontrôle, fait l’objet d’une demande d’AMM initiée par De Sangosse. Les premières utilisations interviendraient en 2020. « Les phosphonates peuvent, selon les concentrations auxquelles ils sont utilisés, agir directement sur leur cible ou stimuler les défenses des plantes, estime l’institut. Le potentiel de ce type de substance est élevé sur blé et les programmes de protection à l’étude. »

Substitution totale du T1 prometteuse

Or, l’option 100 % biocontrôle semble envisageable lorsqu’il s’agit de lutter uniquement contre la septoriose au T1 (deux nœuds). Pour preuve : les essais réalisés par Arvalis sur le sujet avec Heliosoufre S et Faeton SC. « Ils tendent à montrer que la première solution à la dose de 3,5 l/ha et la seconde à 3 l/ha disposent d’une véritable place au T1 en substitution partielle des solutions conventionnelles, précise l’institut (voir p. 58). Leur potentiel, et celui du soufre en général, au T2 (dernière feuille étalée), et éventuellement au T3 (début floraison), mérite d’être encore travaillé. »

Dans 70 % des cas, la substitution partielle du T1 par du soufre est techniquement avantageuse par rapport à un T1 conventionnel à sa dose usuelle. Toutefois, ce bon résultat mérite d’être pondéré en cas de présence d’autres maladies. « Le soufre étant sans activité pour lutter contre la rouille jaune, la réduction de la dose du partenaire conventionnel, du fait de la substitution, mettrait théoriquement en difficulté le programme de protection », précise Arvalis.

Parallèlement, sont criblées au champ des propositions de biocontrôle de la recherche publique et privée, des subs-tances naturelles d’origine minérale, végétale ou issues de micro-organismes, ou des micro-organismes eux-mêmes, pour lutter contre la septoriose. Il ressort que, comme en 2017, la combinaison soufre + phosphonate a permis d’obtenir, après quatre applications, le meilleur résultat parmi la vingtaine de modalités comparées. Ainsi, la combinaison soufre (5 250 g/ha) + DSP016 (2 190 g/ha de phosphonate de potassium) atteint près de 90 % d’efficacité et permet une augmentation de rendement de plus de 20 q/ha dans l’un des trois essais réalisés en 2018.

Les tests du R2E ont aussi souligné que la modalité triple combinant Juventus (metconazole 90 g/l) à 0,6 l/ha + Heliosoufre S à 3,5 l/ha + DSP016 à 3l/ha procure la meilleure efficacité parmi toutes les solutions testées au T1. Elle est équivalente, sinon supérieure à la référence conventionnelle associant Juventus 0,6 l/ha + Bravo (chlorothalonil 500 g/l) à 0,6 l/ha.

L’institut a étudié Polyversum associé au metconazole (Sunorg Pro ou Caramba Star) ou à du prothioconazole et du tébuconazole (Prosaro). « Sur la base de tous les essais disponibles, l’apport de Polyversum a été jugé faible et variable, qu’il soit seul ou en mélange », appuie Arvalis.