Utiliser son chien pour manipuler ses vaches, ses volailles ou ses brebis, tout le monde en rêve. Mais du rêve à la réalité, il y a un grand pas. Premier point : choisir une race qui possède des aptitudes naturelles pour ce travail.

Les plus utilisées en France sont le border-collie, le beauceron, le petit-pyrénéen. ' Ces chiens sont des chasseurs rabatteurs, indique Alain Cotté, formateur agréé par l'Institut de l'élevage. Ils ont des capacités pour rassembler et conduire les animaux. '

Dix à douze mois sont ensuite nécessaires pour le dressage complet du chien de troupeau. L'éducation commence dès l'âge de 2 mois par un apprentissage ludique des ordres de base.

Entre 6 et 9 mois, le chien apprend à répondre précisément à ces ordres : le rappel, la marche en laisse, le stop, le coucher, l'immobilité. Et tout cela sans aucun contact avec le troupeau.

Vers 9 mois, le maître vérifie si son chien est ' déclaré ', c'est-à-dire s'il est attiré par les animaux. Lorsque ce n'est pas le cas, les formateurs possèdent une technique sûre pour éveiller alors l'intérêt de l'animal.

' En plaçant quelques bêtes dans un cercle et en induisant un mouvement circulaire au troupeau, le chien va automatiquement s'y intéresser ', explique Alain Cotté.

Vers l'âge d'un an, vient le moment d'apprendre au chien la droite et la gauche et commencer à appliquer les ordres avec le troupeau.

Ce travail, très progressif, commence avec les animaux dans le cercle, puis dans un large couloir et enfin en liberté.

Pour donner confiance à son chien, mieux vaut ne pas le mettre trop tôt au contact des animaux. Sinon, par manque de maturité, ' soit le chien fuit, soit il veut s'imposer pour faire plaisir à son maître et mord ', témoigne Alain Cotté. La taille des animaux que le chien conduira importe également. Avec des volailles, le chien prend très vite confiance car il provoque facilement leur mouvement. C'est plus difficile avec les vaches qui ont tendance à dominer le chien. Ce dernier risque alors de subir leur mouvement. Et, à la différence des brebis, les vaches ne restent pas forcément groupées.

La générosité est la première qualité d'un bon maître. ' Encourager son chien en permanence lorsqu'il réussit quelque chose est primordial ', insiste Alain Cotté. Par ailleurs, il faut être cohérent dans ses ordres, suffisamment autoritaire pour se faire respecter, et calme. Dernier point important : l'assiduité. Dégager environ vingt minutes chaque jour pour travailler son chien est essentiel.

FORMATION

De nombreuses chambres d'agriculture proposent des formations au dressage de chien de troupeau. Elles sont réalisées par des moniteurs agréés par l'Institut de l'élevage. Elles se déroulent sur cinq jours espacés de deux à trois mois pour laisser le temps à l'éleveur de travailler son chien chez lui.