Installés depuis trois ans dans l’EARL des Deux Epis à Levet (Cher), Olivier Guéniau et Gonzague Bachelier prennent le parti d’une agriculture raisonnée. Les deux céréaliers ont opté pour un allongement de leur rotation avec introduction de cultures de printemps (maïs sec, tournesol) en plus des classiques colza, blé, orge. Leurs terres, à majorité limono-argileuses et argilo-calcaires, leur permettent de viser...
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Installés depuis trois ans dans l’EARL des Deux Epis à Levet (Cher), Olivier Guéniau et Gonzague Bachelier prennent le parti d’une agriculture raisonnée. Les deux céréaliers ont opté pour un allongement de leur rotation avec introduction de cultures de printemps (maïs sec, tournesol) en plus des classiques colza, blé, orge. Leurs terres, à majorité limono-argileuses et argilo-calcaires, leur permettent de viser des rendements de 75 à 78 q/ha en blé et 34 q/ha en colza.

Sur ce type d’exploitation, la fertilisation azotée représente un gros enjeu, aussi bien économique qu’environnemental. C’est pourquoi les deux associés ont cherché des outils d’aide à la décision (OAD) faciles d’emploi et fiables quant au conseil délivré.

L’année de leur installation, les agriculteurs ont utilisé la méthode officielle du bilan, avec mesure des reliquats azotés pour les terres profondes, et le logiciel Scan, adapté aux terres plus superficielles. Ces outils calculent une fertilisation totale à apporter en fonction d’un objectif de rendement prédéterminé, ainsi qu’un fractionnement. « Après avoir testé Farmstar au printemps 2014 afin de gagner en précision de conseil, notamment pour la fraction de fin de cycle du blé, dès 2015, nous avons opté pour Agridrone, proposé par la FDGeda du Cher, expose Olivier Guéniau. Notre préférence va à une structure indépendante de toute commercialisation, qui nous garantit l’objectivité des préconisations. »

Modulation au dernier passage

Avant toute intervention, les agriculteurs établissent une fiche de renseignements parcellaire sur laquelle figurent sa localisation, sa surface, la date de semis, la variété et l’objectif de rendement. L’ensemble est communiqué au technicien du groupe, Olivier Hochedel, qui planifie les vols au bureau.

« Sur colza, nous effectuons un premier vol destiné à mesurer la biomasse à l’entrée de l’hiver, puis un second fin janvier pour la connaître après le gel éventuel, explique Olivier Hochedel. Pour l’agriculteur, le résultat est le même que les pesées de matière verte au champ, mais c’est moins fastidieux et la mesure s’effectue sur la totalité de la parcelle. Sur blé, un seul survol est prévu au choix de l’agriculteur, à deux nœuds ou à dernière feuille. »

En pratique, les agriculteurs ne sont pas systématiquement présents lors des survols. L’opérateur intervient selon ses propres impératifs de planning et de météo, le retour des informations arrivant quatre jours plus tard en moyenne. Pour le colza, en sortie d’hiver, l’agriculteur reçoit une carte de biomasse avec une résolution au mètre carré, plus une carte de préconisations de dose totale et de fractionnement avec le zonage pour une éventuelle modulation.

Des préconisations sur carte Sim

« Aux Deux Epis, nous n’utilisons que des engrais solides, urée et ammonitrate pour le dernier apport sur blé, expose Olivier Guéniau. Sur l’épandeur Sulky prévu pour la modulation, il nous suffit d’installer la carte Sim qui contient le fichier de préconisations d’Airinov et l’outil gère tout en continu. Sur colza, l’azote est fractionné en trois fois avec modulation si besoin au troisième passage. »

En blé, chaque parcelle donne lieu à trois cartes : une carte d’estimation de l’azote absorbé au mètre carré ainsi que la valeur moyenne de l’ensemble, une carte de matière sèche et une autre de besoin d’azote. Sur cette dernière, en plus de la dose moyenne, figure le détail du zonage avec les doses par secteur qui vont permettre de moduler l’apport final. « Comme pour tous les outils de pilotage de l’azote sur blé, la méthode fonctionne si l’on a pris soin de réserver une quarantaine d’unités pour la fin de cycle, prévient Olivier Guéniau. En fonction du potentiel réactualisé et s’il a suffisamment plu depuis le dernier apport, le conseil est vraiment pertinent. En 2015, par exemple, avec la variété Caphorn, le passage à dernière feuille préconisait 80 u/ha. Après discussion avec le technicien, nous avons scindé cet apport en deux, 40 u immédiatement et 30 u/ha à épiaison. Avec cette stratégie, nous avons obtenu un résultat très satisfaisant, avec 83 q/ha et 12,4 % de protéines. »

Vincent Thècle