Au moment même où les nuages s'accumulent autour du producteur breton de poulets Tilly-Sabco, l'horizon semble s'éclaircir pour son principal concurrent, Doux, dont le premier client s'est dit prêt à investir au capital de l'entreprise.

Le groupe saoudien Almunajem se dit prêt à « prendre une participation significative au capital » de l'entreprise, en redressement judiciaire. Le représentant du groupe en France, Amr Al Kouatli, a précisé à l'AFP que sa participation serait « dans un ordre de grandeur autour de 25 % » mais que le montant exact « pourrait varier ».

Alors que la Bretagne – et tout particulièrement son industrie agroalimentaire – connaît depuis plusieurs semaines des soubresauts violents, l'homme d'affaires saoudien a affirmé qu'Almunajem « travaillait de manière très étroite » avec le gouvernement français pour faire avancer ce dossier, et en particulier avec le ministère de l'Agriculture.

Le groupe Doux avait évoqué, dès septembre, une possible entrée à son capital du Saoudien. Le tribunal de commerce de Quimper doit rendre à la fin de novembre sa décision sur le plan de continuation que lui présentera alors la société.

Interrogé sur le montant de l'investissement envisagé, M. Al Kouatli a indiqué qu'il « préférait que tout chiffre reste confidentiel ». « Nous travaillons d'arrache-pied pour rapprocher les points de vue des différentes parties », a ajouté le représentant du groupe saoudien. La famille Doux contrôle 80 % du capital du volailler, et BNP Paribas 20 %. M. Al Kouatli s'est dit « optimiste » sur les chances de conclure « un pacte d'actionnaires ».

En mai dernier, Doux, qui se trouve en redressement judiciaire depuis juin 2012 et a déjà supprimé un millier d'emplois, avait annoncé une autre arrivée prochaine à son capital, celle de l'homme d'affaires Didier Calmels. Cette perspective, qui ne s'est jusqu'ici pas concrétisée, a suscité une certaine défiance des syndicats. La CGT notamment avait fait part de sa préférence pour un investisseur industriel plutôt que financier.

Almunajem se présente, dans un communiqué, comme un fidèle client de Doux « depuis plus de 40 ans » et affirme qu'il « participe activement, depuis juin 2012, notamment par le paiement accéléré de ses commandes et par l'augmentation du volume d'achat, à l'amélioration de la trésorerie et à la poursuite de l'activité ».

Le volailler s'est recentré sur l'exportation et la transformation (Père Dodu) après s'être allégé, à l'automne 2012, de son pôle frais, liquidé au prix de la suppression d'un millier d'emplois. Le groupe a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 650 millions d'euros. Il dispose de cinq sites de production en France, trois couvoirs et deux usines d'aliments et compte désormais 2.400 collaborateurs.