Sans grandes annonces, ni grande originalité, Nicolas Sarkozy a adressé jeudi 14 février 2010 à Mortagne-au-Perche, dans l'Orne, ses voeux à « la France rurale ».

Faisant suite à la crise qui a frappé l'ensemble des filières et alors que se met en oeuvre le plan d'urgence du gouvernement, le président de la République a réaffirmé sa volonté d'assurer « le développement et non la préservation » de l'agriculture française. « Nous avons une politique nationale de renforcement de la compétitivité de notre agriculture ! », a-t-il assuré.

Pour lui, la loi de modernisation de l'agriculture (LMA), adoptée hier en conseil des ministres, permettra de doter les agriculteurs « d'outils modernes et efficaces » pour affronter la réforme de la politique agricole commune en 2013.

« Cela implique une véritable relation contractuelle entre l'agriculteur et son client et une plus juste répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne de production, a-t-il développé. Cela implique aussi de reconnaître à l'agriculteur un véritable statut d'entrepreneur. »

Outre la LMA, l'autre chantier prioritaire de Nicolas Sarkozy pour 2010 « sera d'engager de véritables négociations européenne et internationale en faveur d'une régulation de l'agriculture ».

En réponse aux inquiétudes des organisations professionnelles sur la question, le président de la République est revenu aux fondamentaux : « l'Europe n'acceptera pas d'être la variable d'ajustement de tous les dumpings, qu'ils soient monétaires, environnementaux ou sociaux. L'Europe doit promouvoir une conception plus juste et plus humaine des échanges et de la production, fondée sur l'équité des relations économiques entre les pays. C'est cela que doit être la nouvelle préférence communautaire. »

Concernant les bioénergies, Nicolas Sarkozy a rappelé « l'objectif ambitieux » de la France : passer à 23 % la part d'énergie consommée issue des énergies renouvelables d'ici à 2020.

« Depuis quelques jours, le tarif de rachat offert à ceux qui investissent dans la production de chaleur et d'électricité à partir de la biomasse a été multiplié par deux et demi, s'est félicité le président. Je suis déterminé à donner toute sa place à ce matériau d'avenir qu'est le bois, pour la construction et pour l'énergie, et qui représente un potentiel de développement fantastique pour l'agriculture. »

En outre, « l'énergie solaire ouvre la perspective d'une véritable autonomie énergétique, estime le chef de l'Etat. Grâce aux nouveaux tarifs de rachat de l'électricité qui s'appliqueront à partir d'aujourd'hui et qui sont parmi les plus favorables du monde, la France prend enfin toute sa place dans cette filière stratégique », a-t-il ajouté.

Le président a par ailleurs rappelé qu'il clôturerait le mois prochain les Assises des territoires ruraux, qui se déroulent actuellement sous l'égide du ministre de l'Aménagement du territoire, Michel Mercier.

Téléchargez le discours de Nicolas Sarkozy.

A. Ca.