Vivea a consacré une matinée aux expériences de formation réussies dans les départements. Titre de cette réflexion qui s'est déroulée le 3 avril 2014 à Paris : la formation continue, des clés pour innover et maîtriser les risques. 

Ces formations, souvent parties de demandes des agriculteurs eux-mêmes, permettent de réduire l'incertitude grandissante dans laquelle ils travaillent. Pourquoi se priver d'une formation « quasi gratuite », dira un jeune éleveur d'ovins qui a pu se rendre avec la chambre d'agriculture de la Haute-Vienne en Nouvelle-Zélande.

« Grâce aux formations, j'ai pu calculer précisément que mon système tout en prairies permanentes, avec achat de concentrés à l'extérieur, est le plus rentable chez moi. Malgré le discours ambiant qui conseille d'être autonome, ce n'est pas aberrant dans mon cas de ne pas cultiver de céréales. Moi, ce qui compte, c'est de bien gagner ma vie. Et en Nouvelle-Zélande, j'ai appris encore à pousser mon exploitation vers davantage de rentabilité. Même si, là-bas, ils ont des troupes de 4.000 brebis, on peut apprendre des méthodes de travail qui améliorent ici notre revenu. »

Dans la Manche, c'est autour de la fin des quotas laitiers que la coopérative Evolution a pu former 480 éleveurs aux nouvelles techniques (sexage, génomique, gestion de la fin des quotas...). « Les formations mettent les agriculteurs en situation de réassurance », a souligné Christiane Lambert, présidente de Vivea. « Les échanges ne font pas disparaître les risques mais elles allègent leur poids ».

  

Vivea est le fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant. Les formations proposées ont souvent une entrée technique, celle qui attire le plus large public. « Mais nous proposons de plus en plus une entrée par l'analyse des coûts de production. Et après les demandes vont vers la stratégie globale de l'exploitation », analyse Christiane Lambert. 60 % des formations sont dispensées sur le premier trimestre de l'année. En s'adaptant aux besoins, Vivea a fait baisser le taux d'annulation des stages de 28 % il y a trois ans à 17 % l'an dernier.

Chaque agriculteur contribue en moyenne à hauteur de 65 euros au système de formation collectif. Grâce à la mutualisation de ces sommes, un agriculteur qui se forme a un « droit » de 275 euros. Il peut aussi bénéficier d'un crédit d'impôt de 330 euros par an. Et pourtant chaque année seuls 17,6 % des agriculteurs se forment (en priorité les hommes).

Marie-Gabrielle Miossec