Près de 10.000 hectares de vigne dans le Bordelais ont été touchés, à des degrés divers, par les violents orages de grêle de vendredi qui ont balayé le Sud-Ouest, selon de premières estimations, lundi, de la chambre d'agriculture de Gironde. De son côté, Stéphane Le Foll « assure les agriculteurs de la mobilisation des services de l'Etat ».

Dans cette zone, « plusieurs milliers d'hectares ont été détruits à 100 % », selon la Chambre d'agriculture. « Certains ne sont touchés qu'à 10 %, 20 %, d'autres totalement détruits », a souligné pour sa part le président de la FDSEA de la Gironde, Patrick Vasseur. Samedi, il avait estimé entre 4.000 et 5.000 hectares la surface détruite à 80 % ou plus, soit près de 5 % de l'ensemble du vignoble bordelais.

Les viticulteurs concernés, plus d'une centaine, les techniciens agricoles et experts en calamités agricoles affinaient lundi la mesure des dégâts causés par l'épisode de vendredi soir. Celui-ci a vu un couloir orageux de 30-40 km de long sur 10-15 km de large balayer l'est de la Gironde, puis la Dordogne.

Cédric Elia, conseiller agricole auprès de la Chambre d'agriculture de Gironde, a indiqué que l'impact « semble plus gros » qu'en 2009, lorsque la grêle avait balayé le vignoble au mois de mai, touchant 12.000 hectares à des degrés divers.

Syndicats et conseillers agricoles ont souligné la difficulté d'un chiffrage des dégâts, mais M. Vasseur (FDSEA) a indiqué que l'investissement, à ce stade avancé de la production à un peu plus d'un mois des premières vendanges, s'élève à 4.000 euros en moyenne par hectare dans ce secteur.

Le vignoble affecté porte sur de petites appellations de Bordeaux, Bordeaux supérieur, Entre-deux-Mers, Côtes de Castillon, avec un prix de commercialisation oscillant entre 2 euros la bouteille sur le marché de gros et 7 euros sur le marché des particuliers.

Une réunion d'information devait rassembler, lundi en fin d'après-midi, viticulteurs affectés, chambre d'agriculture et services de la préfecture à Grézillac, à 40 km de Bordeaux, l'une des petites communes qui illustre l'impact très localisé des orages, « avec ses 400 hectares de vignes, totalement détruits », selon M. Vasseur.

Dégrèvement de foncier non bâti et prises en charge de cotisations sociales

De son côté, Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, demande, dans un communiqué du 5 août, aux services de l'Etat de « tout mettre en place pour que les exploitants concernés (par ces orages) puissent :

- solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti pour les parcelles touchées par la grêle. Sur ce point, les maires pourront formuler, au nom de l'ensemble des contribuables concernés de leur commune, une demande collective auprès des services fiscaux.

- solliciter auprès des caisses MSA une prise en charge de cotisations sociales. Ces dernières mobiliseront à cet effet l'enveloppe de crédits d'action sanitaire et sociale qui leur est allouée. »

Le ministre « demande par ailleurs aux établissements financiers de prendre en compte cette situation exceptionnelle et de proposer aux viticulteurs sinistrés les solutions leur permettant de passer ce cap difficile ».

A télécharger : le communiqué du ministère de l'agriculture