« C’est quand même compliqué d’annoncer aux éleveurs qui sont en difficulté qu’ils vont encore perdre des aides », se désole Sylvain Apostolo, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Var. Lui-même est éleveur à Sillans-la-Cascade, une commune qui a, elle aussi, été exclue des zones défavorisées. Pour la perte engendrée sur son exploitation par le changement de zonage, « c’est de l’ordre de 8 000 euros », analyse-t-il. « Des éleveurs ont plus de surface et de plus gros troupeaux, car moi je suis en brebis laitières. C’est quand même assez grave, parce que ça peut représenter des sommes importantes pour eux », explique-t-il.

Une première carte loin du compte

La première douche froide est arrivée le 7 mars lorsqu’un nouveau zonage, heureusement provisoire, a été dévoilé. « Sur les quarante-six communes qui étaient classées en zones défavorisées pour notre département, il n’en restait plus que neuf de classées et trois étaient nouvelles », raconte l’éleveur. « Plus de 60 éleveurs se voyaient couper l’ICHN, comme ça du jour au lendemain », ajoute-t-il.

Une nouvelle carte est dévoilée le 12 avril au niveau national, tenant compte de nouveaux critères. « Cette nouvelle carte a réintroduit un certain nombre de communes dans la zone défavorisée. Pour notre département, on arrive à 41 », détaille Sylvain Apostolo. « Mais ça ne correspond pas du tout à celles qui étaient initialement classées. En fait, c’est tout le sud du département qui s’est fait classer en zones défavorisées […] et toutes les zones dans la partie nord-ouest du département ne le sont toujours pas », ajoute-t-il.

Le ministère se penche sur la question du Var

La Confédération paysanne, la FDO (fédération départementale ovine) et le syndicat des éleveurs laitiers et fromagers du Var réalisent alors une action commune devant les bâtiments de l’Administration pour alerter sur la situation. Ils obtiennent un rendez-vous au ministère le 16 mai pour discuter de la situation du Var. « Le ministère s’est engagé à tester deux nouveaux critères qui permettraient de faire rentrer les communes concernées. Pour l’instant, rien n’est garanti mais ils se sont engagés », explique l’éleveur. Seule ombre au tableau, depuis cet engagement, le ministre a changé, et plutôt deux fois qu’une.

Tanguy DhelinJournaliste web