Paris, le 19 février 2019, le rouge domine. Rouge de l’enseigne Buffalo Grill, devant laquelle s’est rassemblée une quinzaine d’éleveurs. Rouge des t-shirts « Les producteurs de viande bovine en COLÈRE ». Enfin, rouge des viandes illustrant la carte du restaurant, où seuls les steaks hachés et le « slicy beef » sont flanqués d’un drapeau français. Entrecôte, pavé...
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Paris, le 19 février 2019, le rouge domine. Rouge de l’enseigne Buffalo Grill, devant laquelle s’est rassemblée une quinzaine d’éleveurs. Rouge des t-shirts « Les producteurs de viande bovine en COLÈRE ». Enfin, rouge des viandes illustrant la carte du restaurant, où seuls les steaks hachés et le « slicy beef » sont flanqués d’un drapeau français. Entrecôte, pavé de cœur de rumsteck, onglet et autres « pièces nobles » restent anonymes.

Cédric Mandin, le secrétaire général de la Fédération nationale bovine (FNB), est en pleine discussion avec le responsable du restaurant. « Un directeur n’a pas forcément la capacité de pouvoir choisir son approvisionnement, mais il faut que le groupe Buffalo Grill se penche sur la question et mette davantage de viande française à la carte », insiste le responsable syndical.

Engager le dialogue avec les acteurs de la restauration

En octobre 2018, la FNB a envoyé une vingtaine de courriers à de grands groupes de la restauration commerciale et collective. Une quinzaine ont accepté d’échanger autour de leur politique d’approvisionnement en viande bovine. Buffalo Grill et Courtepaille, deux chaînes spécialisées dans la grillade, n’ont pas répondu. Ils sont donc la cible de l’action syndicale, tout comme Compass Group France, un des leaders de la restauration collective sous contrat (206 millions de repas servis par an).

« Ces restaurants ont une solide notoriété, souligne Cédric Mandin. Les consommateurs sont attirés par l’image qu’ils ont su construire, mais n’ont pas le réflexe de se renseigner sur l’origine de la viande. » Le responsable du Buffalo Grill vient lui annoncer que le PDG de la chaîne a bien pris acte du message : « N’importons pas la viande bovine que nous ne voulons pas dans notre assiette. »
« C’est tout de même malheureux d’être obligé d’aller sur le terrain pour avoir une réponse », commente Cédric Mandin.

Valérie Scarlakens