Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. Ce proverbe français illustre bien les concepts agricoles qui ont fait rêver sur des salons mais ont eu une carrière écourtée. Ils sont restés à l’état de prototype pour certains. D’autres ont été commercialisés pendant quelques années, mais n’ont pas eu d’héritiers. Trop différents, trop gros, absence de ré...
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Ces innovations qui n’ont pas connu le succès
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  • Deutz-Fahr Agro XXL. – L’Agro XXL a été dévoilé lors d’Agritechnica 2009. Il a également réalisé quelques tours de roue lors de l’EIMA 2010. Ce tracteur, d’une puissance de 600 ch, reposait sur huit roues et un châssis articulé pour la direction. Il était motorisé par un V 8 de 15,9 litres, couplé avec une transmission à dix-huit rapports sous charge. Avec sa conception, l’Agro XXL était prévu pour recevoir jusqu’à 12 tonnes sur sa plate-forme arrière. Il était issu d’un partenariat avec l’allemand DTU (Deutsche Traktoren Union). Photo : constructeur

  • Fendt Trisix. – Lors d’Agritechnica 2007, le bavarois Fendt a créé la sensation en présentant le concept TriSix Vario. Le principe de base : un tracteur à trois essieux avec six roues de diamètres égaux. Le TriSix développait 540 ch avec, comme tous les modèles de la marque, une transmission à variation continue. Sur le plan design, ce tracteur reprenait les courbes principales des 900 de l’époque. Aujourd’hui, avec la sortie de la série 1000, et la commercialisation des tracteurs à chenilles Challenger sous leur couleur, Fendt est toujours présent sur la très grosse puissance, mais avec des machines plus conventionnelles. Photo : constructeur

  • John Deere. – Lors de l’édition d’Agritechnica de 2001, John Deere avait créé la surprise avec deux innovations qui n’ont, depuis, jamais vu le jour dans leur version commerciale. La première était un petit tracteur autonome sans cabine. La seconde, une suspension de l’essieu arrière sur un 8020. Elle reprenait la géométrie développée pour le pont avant du même tracteur. Photo : constructeur

  • Krone Tillage Trac. – Présenté dans le cadre du salon de la DLG de 1984, le Tillage Trac est un automoteur plutôt destiné, comme son nom l’indique, au travail du sol (tillage en anglais). Il faut rappeler que Krone produisait, à cette époque, des outils animés pour ce type de travaux. Une production qui sera arrêtée en 1994 pour se focaliser sur la fenaison. Cette machine reposait sur quatre roues, les deux roues avant étant rapprochées afin de réduire la compaction du sol. La cabine était en position centrale. Elle développait 178 ch avec un six-cylindres Deutz, ce qui était une puissance importante. Cette machine n’a jamais été construite en série. Photo : constructeur

  • Landini Powerlift. – On a tendance à l’oublier mais le groupe Argo s’est lancé brièvement dans le chargeur télescopique, autour de 2007, avec une fabrication maison. Le Powerlift Landini se distinguait par la présence d’un relevage et d’une prise de force à l’arrière. Comme son jumeau Tele-Trac chez McCormick, il bénéficiait en plus d’un poste inversé permettant de le transformer en automoteur de fauche. Cette caractéristique impliquait l’ajout d’un mode de direction uniquement par les roues arrière. Photo : constructeur

  • Laverda MX. – Avec les MX 240 et MX 300, le constructeur italien avait développé un concept de battage différent. Sur cette machine non conventionnelle, la séparation était réalisée avec un rotor placé au niveau du convoyeur. De plus, il était en position transversale. Ainsi, une partie de la paille était déjà expulsée juste derrière la coupe. Après une présentation à la foire de Vérone en 1986, environ 150 unités auraient été produites sur les quatre ans de sa commercialisation. Fiatagri, propriétaire de Laverda a cette époque, décida de se reconcentrer sur les machines conventionnelles. Photo : constructeur

  • Lely Condor. – Présenté au salon de la DLG de Francfort, le semoir Condor était composé de la herse Roterra Lely et d’un semoir pneumatique. Lely était alors constructeur d’outils de travail du sol et de semoirs. Pour cette machine, plusieurs combinaisons étaient proposées. Le but premier était de semer et labourer en même temps. Les semoirs fonctionnaient par alternance, à droite et à gauche, alors que le tracteur était équipé d’une charrue à l’arrière. Photo : constructeur

  • Lemken Brillant. – Exposé à Agritechnica en 2003, le Brillant était un automoteur de semis. Sur la base d’un Agco Challenger, il embarquait une herse rotative ainsi qu’une rampe de semis de 6 mètres de large, mais surtout une trémie de 7 100 litres. C’est pour le moment le seul engin motorisé produit par le constructeur allemand. Photo : constructeur

  • Manitou Manitrac. – Les concepts ne sont pas réservés qu’aux étrangers. Les Français, eux aussi, ont essayé. Notre spécialiste de la manutention exposait par exemple, en 2007, le ManiTrac. Plutôt qu’un télescopique classique équipé d’un relevage arrière, cette machine proposait un chargeur à bras télescopique, un relevage arrière avec une prise de force, ainsi qu’une cabine centrale comme celle d’un tracteur. Elle reposait sur un châssis fixe, avec quatre roues directrices. Elle a été brièvement commercialisée. Photo : constructeur

  • MDW Arcus. – Des roues avant directrices, de grosses roues à l’arrière : la marque MDW avait développé cette architecture sur son modèle baptisé Arcus 2500. Cette moissonneuse-batteuse avait d’autres particularités. La séparation était réalisée par un double rotor placé au niveau du convoyeur de manière axiale. La trémie de 12 000 litres prenait place à l’arrière au niveau des grosses roues, alors que le bloc-moteur était positionné derrière la cabine. Après le rachat de la marque par Case IH en 1997, l’Arcus a subsisté quelque temps sous la robe rouge avant d’être arrêté. Photo : constructeur

  • Morooka MK. – Le chenillard japonais a fait un passage éclair sur le sol français, à la fin des années 1990. Importé par les établissements Lachenait, de Milly-la-Forêt, distributeurs Renault et Valmet à l’époque, ce tracteur se déclinait en trois modèles à chenilles plates en caoutchouc de 120, 160, et 220 ch. Le MK a été présenté à Innov-Agri, attelé à un Smaragd. Deux modèles auraient été vendus dans la plaine d’étampes. Photo : constructeur

  • Same Galileo. – Au Sima 2001, Same a fait le buzz avec deux innovations qui ont connu des destins opposés. Si son dispositif d’automatisation des séquences de bout de champ SMS a fait des émules et équipe désormais la plupart des tracteurs, la cabine Galileo est tombée aux oubliettes. Il s’agissait d’une cabine autonivelante avec correction d’assiette. Elle permettait au chauffeur de préserver son dos en restant toujours d’aplomb. Photo : constructeur

  • Vogel & Noot. – L’édition d’Agritechnica de 2015 a marqué la dernière sortie officielle du constructeur autrichien. Pourtant, tout s’annonçait sous les meilleurs auspices avec le lancement d’un pulvérisateur moderne, le Pharos 4600. Un seul exemplaire aura finalement été produit avant la mise en liquidation de l’entreprise. Si les charrues, les déchaumeurs, et les pièces ont trouvé un repreneur, les pulvérisateurs ont été définitivement arrêtés. Photo : constructeur

Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. Ce proverbe français illustre bien les concepts agricoles qui ont fait rêver sur des salons mais ont eu une carrière écourtée. Ils sont restés à l’état de prototype pour certains. D’autres ont été commercialisés pendant quelques années, mais n’ont pas eu d’héritiers. Trop différents, trop gros, absence de réelle demande : plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer le désamour rencontré par ces machines parfois très novatrices. Nous avons remonté le temps afin de vous faire revivre ces innovations croisées depuis les années 1970 pour les plus anciennes, jusqu’aux années 2000 avec des concepts qui vous parleront peut-être davantage.

Pierre Peeters et Corinne Le Gall