Ile-de-France, Eure, Oise, Seine-et-Marne, Loiret… De nombreuses sections de la FDSEA et JA du Bassin parisien ont en effet effectué le déplacement jusque sur les Champs-Élysées pour marquer leur mécontentement contre les dernières mesures prises par le gouvernement.

« MACRON TUE (les agriculteurs) » pouvait-on lire sur les pancartes et autocollants. Symboliquement, les agriculteurs se sont allongés dans la paille, qu’ils avaient étalée sur l’avenue pour l’occasion.

Un ras-le-bol général

« Aujourd’hui, c’est un ras-le-bol, vraiment ! » déclare Frédéric Arnoult, président des JA de l’Île-de-France Ouest. « Il y a une semaine, quand on a commencé à réfléchir, on a tout de suite vu que ce n’était pas nous qui allions prendre la décision, c’était notre base. Jusqu’à présent, on n’est pas sorti sur les néonicotinoïdes, sur la Pac, sur les SIE… Mais là trop, c’est trop », ajoute-t-il.

Le glyphosate, la goutte d’eau de trop

C’est le positionnement de la France sur l’interdiction du glyphosate qui a été l’élément de trop. « Il fallait que l’on réponde aux propos du ministre Hulot », explique Amaury Levesque, président des JA de l’Eure, qui a fait le déplacement avec une délégation de son département. Le ministre de l’Écologie est justement venu à la rencontre des agriculteurs vers 10 heures, alors qu’une délégation avait été reçue à 9 heures à l’Élysée par Audrey Bourolleau, la conseillère agricole du président de la République.

« On est prêt à évoluer, mais pas n’importe comment »

La délégation qui a été reçue à l’Élysée a demandé des précisions et des explications sur l’ensemble des mesures.

« On leur a dit qu’il y avait une différence entre la réalité du terrain et ce que le gouvernement propose, que ce soit au niveau technique ou du délai pour mettre en place la mesure », rapporte Frédéric Arnoult.

Concernant la venue de Nicolas Hulot sur le lieu de rassemblement des agriculteurs, le ministre aurait précisé qu’il était plus dans une phase de « transition » que « d’interruption brusque ». « On lui a réexpliqué qu’on était constructif et prêt à évoluer mais pas n’importe comment. Le débat doit se faire avec nous », relate Frédéric Arnoult. « Pour l’instant, c’est beaucoup de mots, on attend la suite », conclut-il.

Tanguy DhelinJournaliste web