Ludovic Callu, éleveur laitier à Baillou (Loir-et-Cher), n’a aucun doute quant à l’histoire des haies champêtres. « Si les agriculteurs les ont laissées dépérir, c’est par manque de débouchés. » Car entretenir sa haie a un coût, environ 1 500 € par an pour 10 km, d’après la chambre d’agriculture. La tentation est alors grande de l’élaguer...
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
18%

Vous avez parcouru 18% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

Ludovic Callu, éleveur laitier à Baillou (Loir-et-Cher), n’a aucun doute quant à l’histoire des haies champêtres. « Si les agriculteurs les ont laissées dépérir, c’est par manque de débouchés. » Car entretenir sa haie a un coût, environ 1 500 € par an pour 10 km, d’après la chambre d’agriculture. La tentation est alors grande de l’élaguer pour l’empêcher d’empiéter sur les champs, voire de l’arracher.

« Tout est parti d’articles critiquant la gestion des haies par les agriculteurs, il y a dix ans », poursuit Ludovic. Plutôt que de répondre aux détracteurs par la plume, Ludovic et ses amis ont décidé de « proposer une autre vision de l’arbre ». Ils se sont lancés dans une aventure originale. À cinq, quatre agriculteurs et un forestier, ils créent la Cuma Bois Déchiquetage 41, et investissent dans une déchiqueteuse de 250 000 €. La première année, 2 500 m3 de copeaux sont produits.

Organiser l’ensemble de la filière

Aujourd’hui, ce sont plus de 17 000 m3 qui sont broyés par les 55 adhérents de la Cuma, forestiers et agriculteurs confondus. Chaque exploitant doit organiser l’abattage. Les arbres coupés sont ensuite passés dans la déchiqueteuse commune, et les plaquettes sont déposées le jour même sur l’une des six plates-formes de séchage de la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Bois Énergie Centre.

« Nous disposons de la Cuma pour le matériel, et nous avons créé une autre structure pour la commercialisation », explique Jérôme Augis, président de la Cuma. Le conseil d’administration de la SCIC réunit ainsi les producteurs et les acheteurs (particuliers et collectivités). C’est ensemble qu’ils fixent le prix des plaquettes. « Il reste entre 8 et 12 euros en net du mètre cube à l’agriculteur, en fonction du chantier et de la nature de la plate-forme », poursuit Jérôme.

Les copeaux sont stockés environ cinq mois sur l’une des six plates-formes de la SCIC avant d’être livrés aux clients. Ceux-ci sont toujours plus nombreux, car les chaudières à bois ont le vent en poupe.

Repenser l’arbre

Par ce circuit, Ludovic rembourse la plupart de ses coûts d’entretien. « Je suis en mesure de payer l’abattage, le déchiquetage et la livraison. Mais avec les recépages, je rajeunis mes haies, qui vont produire plus de bois et de biodiversité. Elles redeviennent cultivées. »

De nouveaux modes de gestion qui pourraient lancer l’exploitant dans une véritable diversification. « Demain, je serai producteur de lait, mais aussi de bois, et pourquoi pas de fruits. Les arbres, ce n’est pas fictif, c’est un vrai service rendu à la société. »

Ivan Logvenoff