Concernant le porc, le Royaume-Uni est le neuvième pays producteur de l’Union européenne (UE), avec moins de 4 % de la production communautaire, avec un taux d’autosuffisance de seulement 55 %. Il est donc « très dépendant des importations pour satisfaire ses besoins », explique FranceAgriMer. Les importations de produits à base de porc en provenance des autres États membres avoisinent 1 million de tonnes-équivalent carcasse (tec) par an, alors que ses exportations se situent entre 170 000 et 190 000 tec.

Ses principaux fournisseurs sont des pays de l’Europe du Nord : le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Irlande. La France arrive en septième position seulement, avec des volumes assez modestes (environ 6 % des volumes importés par le Royaume-Uni). De plus, les échanges entre la France et le Royaume-Uni sont en baisse sensible depuis quatre ans, même si le Royaume-Uni constitue le troisième débouché de la France (88 millions d’euros en 2015), après la Chine et l’Italie.

L’Hexagone expédie essentiellement trois types de produits : les viandes fraîches désossées et les viandes désossées congelées, ainsi que les poitrines avec os.

Pour la filière avicole, « le Royaume-Uni, longtemps leader de la production de volailles, est désormais le troisième producteur européen derrière l’Allemagne et la Pologne », souligne FranceAgriMer. Pour autant, le pays n’est autosuffisant qu’à 75 %.

Ses principaux fournisseurs européens sont les Pays-Bas, la Pologne, l’Irlande, l’Allemagne et la Belgique. La France se situe en sixième position (5 % des quantités exportées depuis l’Europe, pour une valeur de 110 millions d’euros environ).

La France s’approvisionne également en produits avicoles auprès du Royaume-Uni, mais dans une moindre proportion.

Être vigilant lors des négociations

Sur les flux de marchandises et les accords commerciaux, « la mise en place de barrières tarifaires [entre le Royaume-Uni et l’UE] pourrait entraîner une déstabilisation du marché communautaire, avec le report de livraisons intra-européennes, jusqu’alors destinées au Royaume-Uni, vers les autres pays de l’UE », signale FranceAgriMer. En outre, le Brexit pourrait impliquer la remise en place de frontières physiques, de contrôles et de certificats sanitaires.

Il convient d’être vigilant également lors des négociations. L’UE « devra se prémunir face au risque de voir des produits étrangers, provenant du Brésil, de la Thaïlande ou des États-Unis, rentrer sur son territoire via le Royaume-Uni, après transformation, avertit FranceAgriMer. En effet, le Royaume-Uni, qui s’approvisionne déjà en volailles auprès de certains de ces pays, pourra négocier seul des accords de libre-échange, une fois le Brexit consommé. »

Une vigilance particulière devra être observée concernant la répartition des contingents négociés dans le cadre d’accords commerciaux bilatéraux ou multilatéraux. Pour la volaille, on recense 44 contingents, dont 34 établis dans le cadre de l’OMC, pour un volume total de 881 000 tonnes (437 000 tonnes pour le Brésil et 284 000 tonnes pour la Thaïlande). La question semble moins sensible dans le secteur porcin.

À ces contingents déjà en vigueur, s’ajouteront le contingent de 75 000 tonnes de viande porcine prévu dans le cadre du Ceta (accord commercial avec le Canada) et ceux qui seront établis dans le cadre des accords internationaux en cours de négociation (Mercosur, Japon, Mexique, Philippines…).

E.C.