Le Brésil, premier exportateur mondial de viande de boeuf, enregistre une forte augmentation de ses exportations cette année et compte sur des négociations commerciales imminentes pour conquérir de nouveaux marchés, notamment asiatiques.

« En cumulé entre janvier et septembre, le volume des exportations a augmenté de 19,4 % par rapport à la même période l'an dernier », a indiqué jeudi dans un communiqué l'Association brésilienne des industries exportatrices de viande (Abiec). « Au total, les ventes à l'étranger ont atteint 1,085 million de tonnes pour une facturation de 4,8 milliards de dollars. »

La croissance de cette année s'explique en partie par le taux de change : « Le real faible aide le Brésil à exporter », a affirmé vendredi à l'AFP Fernando Sampaio, directeur exécutif de l'Abiec. « Mais le Brésil possède d'autres facteurs de compétitivité et peut répondre à une demande en pleine croissance, notamment en Asie. »

Aujourd'hui, le géant sud-américain, responsable de près de 20 % des exportations mondiales de boeuf et talonné par l'Inde, exporte en premier lieu vers Hong-Kong, suivi de la Russie et de l'Union européenne. « Cette tendance à l'augmentation des exportations brésiliennes devrait se prolonger au moins pendant un an », estime Fernando Iglesias, analyste de marché pour Safras e Mercado. « Avec les exigences toujours croissantes des exportateurs, le boeuf brésilien a atteint des niveaux de qualité très élevés et rien n'indique que des pays vont fermer leurs frontières. »

La question sanitaire

Le principal enjeu pour le pays-continent reste la question sanitaire, un argument que les Etats utilisent pour refuser les importations de viande brésilienne. Ainsi, en décembre, plusieurs pays ont mis un embargo sur le boeuf brésilien après l'annonce d'un cas isolé d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, ou « maladie de la vache folle ») dans l'Etat du Parana. L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a, depuis, confirmé le statut de « risque insignifiant » pour cette épizootie au Brésil.

Moscou a assoupli ses restrictions en autorisant six abattoirs brésiliens à reprendre leurs livraisons vers la Russie le 11 octobre. Brasilia prévoit en revanche de saisir le comité sanitaire de l'OMC la semaine prochaine pour exiger la levée de l'embargo en Chine, au Japon et en Afrique du Sud. « Ces trois marchés ne représentaient que 1,5 % de nos exportations totales mais c'est une question de principe et d'image », souligne Fernando Sampaio. « Le revenu de la population chinoise augmente et nos exportations vers Pékin étaient en forte augmentation avant l'embargo. »

Viande halal vers l'Indonésie

Grâce à ses abattoirs respectant les rites halal, le Brésil exporte également des dizaines de milliers de tonnes de boeuf vers des pays musulmans comme l'Egypte, l'Iran ou l'Algérie, respectivement 5e, 8e et 10e acheteurs de la viande brésilienne.

« Nous visons aujourd'hui l'Indonésie (peuplée de 245 millions d'habitants) », affirme le directeur exécutif de l'Abiec. « Mais sa législation interdit toute importation en provenance de pays touchés par la fièvre aphteuse, ce qui est encore le cas de certaines régions du Brésil. » « Les négociations internationales sont lentes et exigent toujours des contreparties », prévient Fernando Iglesias. « Il ne va pas être facile d'ouvrir de nouveaux marchés représentant des volumes significatifs. »

Il met également en garde contre l'augmentation du prix de la viande de boeuf sur le marché national : « Les exportations augmentent plus vite que la production, en hausse de 12 % seulement sur la période. En septembre, l'arroba, une mesure de 14,68 kg de viande, a dépassé les 112 reais (37,8 euros), contre 107 reais auparavant (36,1 euros). »

D'après l'Abiec, l'élevage au Brésil est très majoritairement extensif, sur des pâturages accusés de grignoter les savanes du centre du pays ainsi que la forêt amazonienne. Par ailleurs, sur les 40 millions de têtes de bétail qui partent à l'abattoir chaque année, 10 % sont élevés de façon intensive une partie de leur vie, c'est-à-dire confinés dans d'immenses étables et nourris entre autres de soja, transgénique à 92 % au Brésil.