La totalité des abattoirs du groupe Bigard ont été débloqués jeudi par les éleveurs de viande bovine, comme prévu dans l'accord sur les prix de la viande finalisé la veille.

Cet accord porte sur une hausse des prix de la viande de « 2 à 5 centimes d'euro le kilogramme », une augmentation cependant très inférieure aux revendications initiales des éleveurs qui souhaitaient une revalorisation de 60 centimes.

Dans la foulée de cette signature, les représentants des éleveurs s'étaient engagés à lever « au plus tard à 17 heures » jeudi le blocage des abattoirs, sous réserve de deux conditions :

- que cette hausse soit répercutée sur la grille de cotation du groupe Bigard,

- et que l'entreprise renonce à ses procédures en référé contre des éleveurs.

La levée des blocages avait en outre été soumise au vote local des assemblées générales d'éleveurs.

Dès mercredi soir, l'occupation avait pris fin à l'abattoir de Coutances (Manche), puis dans la nuit à Cholet (Maine-et-Loire) et Cherré (Sarthe).

Dans la journée de jeudi, les abattoirs de Metz (Moselle), Feignies (Nord), Cuiseaux (Saône-et-Loire) et Castres (Tarn) ont successivement été débloqués.

L'occupation deux derniers « points noirs », Villefranche (Allier) et Egletons (Corrèze), a été levée à 16h30 et 17 heures, ont annoncé des responsables de la Fédération nationale bovine (FNB) sur les lieux.

Mais sur plusieurs de ces sites, les éleveurs ont préféré faire état d'une « suspension » du mouvement, se déclarant encore méfiants quant au respect des conditions de l'accord finalisé mercredi.

A Cholet notamment, la levée du blocage n'a pu se faire qu'après la remise en mains propres aux agriculteurs de deux courriers, l'un sur le retrait des référés engagés par les directions des abattoirs pour obtenir la levée des blocages, l'autre précisant « explicitement la revalorisation des cours à compter du 12 novembre 2010 ».

A Castres, les éleveurs ont tenu à souligner n'être « qu'à moitié satisfaits de l'accord ». « Sur le prix versé au producteur, on est loin du compte. On lève quand même le blocage, mais nous resterons vigilants. On va surveiller si les accords passés sont appliqués », a déclaré Alain Cazaux, vice-président de la Fédération régionale bovine Midi-Pyrénées-Aquitaine.

« On reste mobilisés et très très vigilants » sur l'application des accords, a renchéri Yves Bonnot, président de la FRSEA de la Bourgogne, tandis que Jacques Chazalet, responsable de la FRSEA du Massif central, a estimé que « l'accord nous convient, à condition qu'il soit respecté. Sinon, on reviendra ».

« Il est vrai que sur le terrain il y a un certain nombre d'agriculteurs qui en ont marre, et on les comprend. Mais la revendication des 60 centimes, c'est un objectif sur le moyen terme et on sait très bien que ça ne se gagne pas en une semaine », a résumé Dominique Barrau, secrétaire général du syndicat agricole FNSEA.

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