Dans un communiqué de presse publié le 20 juillet, la section de la viande de la Coordination rurale (CR) assure que la situation des éleveurs allaitants va s’aggraver avec le nouveau paquet présenté lundi par la Commission européenne.

Le syndicat rappelle que la crise laitière aura pour conséquence l’augmentation des abattages de vaches de réformes des éleveurs en cessation, et l’augmentation du cheptel allaitant de ceux qui auront choisi de se reconvertir en viande.

« L’enveloppe annoncée lundi par la Commission européenne ne va constituer qu’une opportunité pour des éleveurs laitiers qui ont déjà décidé d’arrêter, regrette la CR. Cette dernière note qu’en 2015, les abattages de vaches laitières ont progressé de 65 000 têtes, et que sur les six premiers mois de 2016, la hausse est de 28 000 vaches. « Dans le même temps, le cheptel allaitant augmente essentiellement du fait de reconversions : 100 000 vaches de plus depuis décembre 2014 », assure le syndicat.

« Des choix politiques coupables »

La Coordination rurale accuse la Fédération nationale bovine d’avoir « trahi les producteurs » et « dicté les choix du ministre de l’Agriculture ». « Les éleveurs se retrouvent avec des droits à paiements de base (DPB) amoindris, des aides aux bovins allaitants (ABA) diluées et des prix très loin de couvrir les coûts de production, lance-t-elle. En abandonnant les références historiques de la prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes (PMTVA), l’effet de régulation de la production de viande bovine a été supprimé, tout comme la frontière entre les producteurs de lait et les producteurs de viande. Elle est désormais allègrement franchie en période de crise laitière. »

Le syndicat clôture son communiqué en martelant que pour ces raisons, il avait proposé un découplage total lors de la dernière réforme de la Pac.

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