Les achats effectués directement auprès des petits producteurs agricoles se sont envolés pendant l'été en Italie, dépassant le milliard d'euros, révèle lundi une enquête réalisée par Coldiretti, principale organisation professionnelle des agriculteurs italiens.

De plus en plus d'Italiens, mais aussi de touristes de passage dans la Péninsule rapportent de leurs vacances un produit du terroir, acheté directement dans une cave viticole, chez un petit producteur d'huile d'olive ou encore sur un marché, indique Coldiretti dans son rapport.

Avec plus de 63.000 entreprises agricoles ouvrant leurs portes au public, se rendre chez un producteur local devient une démarche de plus en plus facile.

Pour favoriser ce nouveau commerce, un réseau de 800 marchés situés dans les lieux de villégiature a été mis sur pied dans le cadre du projet « Campagna Amica » (campagne amie, ndlr) lancé par Coldiretti il y a deux ans afin de promouvoir les productions typiques.

Est également à l'étude un projet de boutiques spécialisées, qui devrait se développer à la rentrée dans les principales villes italiennes.

« L'ouverture de nos entreprises aux consommateurs répond à un nouveau style de vie et modèle de consommation plus responsable », a expliqué lundi le président de Coldiretti Sergio Marini.

Acheter directement auprès du producteur permet non seulement de dépenser moins cher mais aussi de connaître, au-delà du produit, l'histoire et la culture du territoire, selon M. Marini.

« Eviter les intermédiaires et les manipulations des aliments, sauvegarder les traditions, soutenir le territoire et acheter à un prix juste sont les principales motivations qui expliquent ce phénomène et son succès », poursuit-il.

Un phénomène en constante croissance, puisque le tourisme oenogastronomique a représenté un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros, note Coldiretti dans son enquête.

En 2010, 8,3 millions d'Italiens ont effectué des achats directs auprès des agriculteurs, privilégiant notamment les légumes (72 %), les fruits (51 %), les fromages (49 %) et le vin (16 %).

« En période de crise, on essaye de rationaliser les dépenses. Aller chez le producteur, c'est avoir une valeur ajoutée grâce à une plus grande garantie et une meilleure qualité », a expliqué Lorenzo Bazzana, responsable économique de Coldiretti.

En outre, selon lui, « les produits du terroir sont de plus en plus assimilés au made in Italy. Les touristes préfèrent rapporter chez eux une bonne bouteille d'huile d'olive qu'une petite tour de Pise en plastique ».

« En plus de quelque 4.600 spécialités traditionnelles régionales, l'Italie se distingue aussi pour ses cultures biologiques. C'est l'un des premiers pays producteurs d'agriculture biologique en Europe », a aussi rappelé M. Bazzana.

Avec un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros, l'Italie pèse pour 8,6 % du marché biologique mondial et se situe au cinquième rang derrière les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, selon Ismea, institut d'études spécialisé dans l'agroalimentaire.