Le collectif anti-OGM des Faucheurs volontaires a détruit une plate-forme d’essais de colza de la coopérative Dijon Céréales contenant des variétés tolérantes aux herbicides (VrTH), vendredi 13 janvier sur la commune de Messigny, en Côte-d’Or.

Les Faucheurs qualifient ces variétés issues de la mutagenèse d’« OGM cachés », car non reconnus comme OGM par la directive européenne 2001-18.

Sur Twitter, Dijon Céréales a répondu que « les plants détruits ce matin ne sont pas classés OGM » et déplore que la destruction de ces parcelles « contribue juste à freiner la R & D en matière de développement agricole ». La coopérative ajoute : « Le colza Clearfield n’est pas issu de l’introduction d’un gène extérieur au colza mais d’une technique de sélection dite par mutagenèse qui utilise les mutations naturelles des plantes. »

Le statut des VrTH en débat

Le 20 septembre dernier, neuf associations environnementales avaient saisi le Conseil d’État pour réclamer le retrait du décret excluant la mutagenèse de la réglementation OGM. Le rapporteur public du Conseil d’État a invité cette haute juridiction à interroger la Cour de justice européenne avant de se prononcer sur les variétés rendues tolérantes aux herbicides.

L’institut technique Terres Inovia avait regretté que « des données agricoles essentielles » aient été oubliées, en rappelant les avantages environnementaux, sanitaires et économiques de ces variétés.

Récemment, les Faucheurs avaient déjà détruit des parcelles d’essais de colza de Dijon Céréales en novembre 2016 ainsi qu’une parcelle de tournesols VrTH dans les Pyrénées-Orientales en août 2016.

« Nous sommes déterminés à poursuivre nos actions de désobéissance civile, tant que ces semences de colza et de tournesol OGM resteront commercialisées », font-ils savoir dans un communiqué de presse. Ils appellent le gouvernement à « mettre en place un moratoire sur ces cultures avant les prochains semis de tournesol au printemps 2017 ».

Marre des faucheurs

« Ces essais réalisés par un paysan avec la coopérative locale Dijon Céréales visent à développer une agriculture respectueuse de l’environnement avec l’agronomie au cœur des principes d’action (semis directs, cultures associées) », indique « Marre des faucheurs », le comité de soutien aux paysans victimes des faucheurs volontaires.

« Les faucheurs montrent qu’ils ne connaissent absolument rien des pratiques agricoles et agronomiques. C’est surtout leur aveuglement idéologique qu’ils révèlent. Toutes les techniques mises en œuvre par le paysan victime et la coopérative sont homologuées et autorisées », poursuit le collectif de soutien.

« Le groupuscule écologiste avait déjà détruit deux parcelles en Côte-d’Or le 28 novembre dernier.

Il est donc urgent que les pouvoirs publics condamnent ces actes de vandalisme d’autant plus que les faucheurs annoncent vouloir poursuivre leurs actions de “désobéissance civile” », explique « Marre des faucheurs ».

Adèle Magnard