Le lundi 3 septembre, Antoine Helleboid se prépare pour son avant-dernier jour de récolte de courgettes. C’est en arrivant dans son champ qu’il découvre que 14 pallox ont disparu. « Quelqu’un est venu dans la nuit, explique-t-il, se servir avec un tracteur et une remorque. »

Ce type de vol est rare dans la région. « Mon technicien Bonduelle avait vu ça une seule fois. » Les pallox en plastique sont prisés puisqu’ils peuvent servir à tout. Du stockage en tout genre au bâtiment d’élevage de fortune pour la volaille chez les plus créatifs.

Pluriactif jusqu’en 2017, Antoine Helleboid décide de se lancer dans les légumes à l’automne dernier. Sur son exploitation de cinquante hectares à Tilques (62), il cultive aujourd’hui, en plus des céréales et des pommes de terre, des fèves alimentaires, mais également des courgettes et des choux.

Fatigue, perte de temps et 2 100 € : une facture lourde

Constatant le vol ce matin-là, l’exploitant se rend immédiatement auprès du groupement Opinord pour s’en procurer de nouveaux. Pas le temps de s’apitoyer sur soi-même, la récolte doit se poursuivre. « J’ai perdu une demi-journée à aller les chercher, explique Antoine Helleboid, puis j’ai appelé la gendarmerie et les assurances. »

Les forces de l’ordre n’ont pas pu faire grand-chose pour l’exploitant. « Ils m’ont demandé s’il y avait effraction, raconte-t-il, mais il n’y a pas de porte à une parcelle. » Le dépôt de plainte, en l’absence d’effraction caractérisée, ne sert alors que pour les assurances.

Les pallox appartiennent à Opinord, un groupement de producteurs qui les met à la disposition des agriculteurs travaillant pour Bonduelle. Facturés 150 € pièce, la facture s’élèverait, sans compter le temps perdu, à 2 100 €.

S’il retrouve ses pallox, M. Helleboid aimerait également être indemnisé pour la perte de temps, d’autant plus chère en cette période de pointe. « C’est beaucoup de tracas, confie-t-il, j’étais vraiment abattu. » Les cueilleurs ont eux aussi été affectés de ce vandalisme.

Appel sur les réseaux sociaux

Pour retrouver son bien, il imagine alors lancer un appel sur les réseaux sociaux. « J’ai des copains qui aiment le machinisme et chiner sur Le Bon Coin, explique-t-il. J’ai pensé que ça serait vendu sur internet. »

Dans son message, il demande à ses contacts de l’aider à retrouver la piste de ses pallox sur les sites de vente en ligne français ou belges. Les médias régionaux, solidaires, relayent ensuite son initiative. « J’en suis à plus de 1 200 partages », se félicite l’agriculteur.

Antoine n’a pas d’autre choix que de laisser les pallox sans surveillance dans les champs. « Que faudrait-il faire ? Mettre deux personnes de plus pour les surveiller ou les rentrer au tracteur ? Ça ne serait pas rentable. »

Fausse alerte

Le 10 septembre, Antoine a cru que ses recherches étaient enfin terminées. « J’ai reçu un message qui me signalait un tas de pallox du même modèle, ailleurs dans la région. » L’exploitant appelle le groupement Opinord, dont les représentants se rendent sur place. Fausse alerte : ces pallox-là appartiennent à un autre agriculteur.

Antoine Helleboid est aujourd’hui pessimiste quant au retour de son bien. « Je pense que l’appel sur les réseaux ne va rien donner, mais je voulais essayer. » Pour lui, les pallox auraient peut-être même été vendus avant d’être volés. « Il y a pas mal de voitures qui circulent dans les champs, explique-t-il. Ils ont dû les repérer avant de venir les emporter. »

Les lecteurs de La France Agricole pourront peut-être l’aider dans sa quête ?

Ivan Logvenoff