Après des effectifs en augmentation entre 2013 et 2016, le cheptel allaitant tend à se stabiliser. C’est ce que constate Eva Groshens, agroéconomiste spécialiste de la BDNI et démographie bovine à l’Institut de l’élevage. « Cette capitalisation est encore plus marquée dans le Massif central, précise-t-elle. Et l’on observe en parallèle une baisse du cheptel laitier. Peut-être y a-t-il eu un transfert du lait vers la viande ? »

Les éleveurs ont eu tendance à conserver leurs génisses pour le renouvellement, et à limiter les réformes. Ces dernières ont toutefois beaucoup augmenté à la fin de 2016. « À cette période le cheptel s’est rapproché de son niveau en 2015, ajoute Eva Groshens. Au début de 2017, le cheptel retrouve un effectif inférieur à celui de l’an passé. En avril, le nombre d’animaux est 0,2 % en dessous de la même période en 2016. »

Les prix dévissent en 2016

Cette stabilisation du cheptel n’est pas sans conséquence sur le marché de la viande. « Nous avons constaté en 2016 les effets du ralentissement de la croissance et des nombreuses entrées de génisses dans les troupeaux, explique Margaux Daniel, agroéconomiste spécialiste de la conjoncture des bovins à viande à l’Institut de l’élevage. Cela a incité les éleveurs à réformer davantage. En cumul, en 2016, les abattages de vaches allaitantes ont gagné 4 %. » Une tendance qui se poursuit en 2017, puisqu’en cumul de janvier à avril, la hausse des abattages affiche le même pourcentage.

Dans un marché où la demande est atone et l’offre abondante, les cours des vaches allaitantes en 2016 ont baissé. « Le cours de la vache R remonte légèrement en 2017, indique Margaux Daniel. Il suit une hausse saisonnière. À ce jour, il est entre la mauvaise cotation de 2016 et celles des meilleures années, 2015 et 2014. » Cette légère amélioration s’explique notamment par une rétention plus marquée du cheptel laitier face à la reprise de la collecte laitière.

Hélène ChaligneJournaliste web