Malgré les « nombreux défis » auxquels est confrontée l’Union européenne, « nous ne devons pas oublier que la biodiversité conditionne notre existence même et que la poursuite du pillage de notre nature nous prive de nos conditions de subsistance », alerte Lutz Ribbe, membre allemand du Comité économique et social européen. Cet organe consultatif, réunissant 350 membres venus de toute l’Europe et nommés par le Conseil, vient de rendre un avis sur la politique de l’UE en matière de biodiversité.

Selon lui, la perte de biodiversité est alarmante. Il note qu’en 2017, la quasi-totalité des sites Natura 2000 est désignée mais tous ne disposent pas encore d’une protection juridique permanente et seulement la moitié d’entre eux en Europe disposent de plans de gestion. L’une des raisons est le manque de financements alloués au réseau Natura 2000, ceux-ci entrant en conflit avec d’autres mesures financées par les mêmes fonds européens. Le Cese avance le chiffre de dix milliards d’euros par an nécessaire afin d’indemniser les pertes de terrain pour les propriétaires ou de rémunérer des services spéciaux.

Manque de volonté politique

Parce que « les conditions mêmes de l’existence humaine sont en jeu », la question doit être « transversale » et prise en compte notamment par la Pac, insiste le Cese. Il souligne que ce ne sont pas les lois, les discours ni les recommandations qui manquent mais bien la volonté politique : « Aussi longtemps qu’il ne se traduit pas en actions concrètes, tout ce cadre juridique ne vaut pas le prix du papier sur lequel on l’imprime », conclut M. Ribbe.