« Il s’agit de deux dirigeants de l’entreprise qui a probablement appliqué le produit dans les élevages avicoles », a indiqué Marieke van der Molen, porte-parole du parquet néerlandais. Les deux individus ont été arrêtés à Zaltbommel et Barneveld (centre), village réputé pour ses œufs et ses poules.

« Un biocide interdit »

« L’entreprise et les deux dirigeants […], le négociant néerlandais, le fournisseur belge et son propriétaire sont soupçonnés d’avoir mis la santé publique en danger en fournissant ou appliquant le produit fipronil dans les étables avec des poules pondeuses » ainsi que d’« avoir détenu un biocide interdit », a déclaré le parquet néerlandais dans un communiqué.

Des perquisitions sont menées dans huit lieux aux Pays-Bas, où sont saisis des documents administratifs ainsi que des voitures, des dépôts bancaires et des biens immobiliers. « L’une d’entre elles est toujours en cours », a précisé Marieke Van der Molen.

Une équipe d’investigation avec les services belges

L’agence néerlandaise pour la sécurité alimentaire NVWA et le parquet néerlandais ont formé une équipe d’investigation conjointe avec les services d’enquête belges, avec le soutien de l’Office européen des polices Europol et de l’organe européen de coopération judiciaire Eurojust.

L’enquête pénale a débuté à la mi-juillet, a précisé le parquet. Des échantillons ont été prélevés dans des élevages avicoles ainsi que « dans les substances contenues dans les appareils de l’entreprise qui a appliqué le produit chez les éleveurs de volaille ».

Le 24 juillet, des documents administratifs ont été saisis chez une personne soupçonnée d’être le négociant du produit dans la région de Uden, au sud-est des Pays-Bas. Le négociant néerlandais de fipronil a été entendu comme suspect le 31 juillet.

Onze perquisitions en Belgique

Le parquet d’Anvers annonce avoir mené 11 perquisitions « dans tout le pays » dans le cadre de l’enquête qui cible 26 personnes et entreprises suspectes. Près de 6 000 1 de produits interdits » ont été saisis en juillet dans une société belge. Là encore la justice n’a pas désigné nommément la société. Son dirigeant a été « entendu » en juillet, puis « relâché sous strictes conditions », précise le parquet.

« Le parquet tient à souligner qu’elle prend les faits très au sérieux, vu leur gravité, leur ampleur, leur caractère organisé et leur contexte international, a indiqué le parquet d’Anvers dans un communiqué. Ajouter des produits interdits à des produits utilisés dans l’industrie alimentaire par appât du gain met en danger la sécurité alimentaire et abîme la confiance du consommateur. »

AFP