Alors que le Parlement européen se prononcera la semaine prochaine sur le projet d'accord UE-Maroc de libéralisation des échanges commerciaux, le Copa-Cogeca (syndicats et coopératives de l'UE) demande mercredi aux eurodéputés de « bien évaluer les répercussions socio-économiques de l'accord, rappelant que celui-ci aura un impact désastreux sur le secteur des fruits et légumes de l'UE, en particulier sur les tomates ».

Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, a souligné dans une lettre envoyée aux présidents des groupes politiques du Parlement européen que cet accord menacerait des milliers d'emplois dans les zones rurales de l'UE, des zones qui ont été déjà touchées de plein fouet par la crise économique.

Il a également indiqué que « les importations provenant du Maroc ne sont pas tenues de respecter, contrairement aux produits européens, des normes élevées en termes d'environnement et de qualité » .

Le Copa-Cogeca explique que « si cet accord se réalise, l'on enregistrera une forte augmentation de ces importations. Il impliquerait également l'introduction de contingents d'importation beaucoup plus importants par rapport au précédent accord pour six produits sensibles : tomates, courgettes, concombres, ail, agrumes et fraises. La situation de balance commerciale déjà favorable au Maroc se verrait renforcée et les effets seraient désastreux pour l'emploi dans les zones rurales européennes où il n'existe pas d'autres sources d'emploi que l'agriculture ».

« Les eurodéputés ne peuvent ignorer cette réalité. Avant d'envisager une augmentation des quotas, une analyse approfondie de l'impact socio-économique de cet accord devrait être réalisée. Le système de prix d'entrée pour ces importations ne tient pas non plus compte des coûts élevés de production et de la main-d'oeuvre dans l'UE. De plus, les systèmes européens de contrôle et de sauvegarde pour les importations marocaines ne sont pas efficaces. Cela a été démontré par l'Office européen de la lutte antifraude (OLAF) », ajoute l'organisation européenne.

Le Copa-Cogeca demande le soutien des eurodéputés sur ce dossier afin d'améliorer la situation. Il appelle donc les parlementaires européens « à examiner la situation et à prendre en considération nos inquiétudes avant de se prononcer sur ce projet d'accord la semaine prochaine ».

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