L'Espagne, qui préside l'UE au premier semestre de 2010, a annoncé, lundi, lors du conseil des ministres de l'Agriculture, à Bruxelles, qu'elle allait se battre pour le maintien d'une Pac forte.

Au centre des priorités de la présidence espagnole figurent en effet les réformes de la Pac et de la politique européenne de la pêche, a souligné la ministre espagnole, Elena Espinosa.

L'Espagne est favorable au maintien d'une « Pac forte » au sein du budget européen, car cette politique « représente une valeur ajoutée communautaire indéniable », a insisté la ministre de l'Agriculture, lors d'une réunion avec ses homologues européens.

« Sous l'égide de la présidence espagnole, nous pensons qu'il est nécessaire de débattre autant que de plancher sur le maintien d'instruments européens communs de gestion des marchés, de gestion des crises pour faire face à l'avenir de la Pac », a-t-elle précisé.

Une autre priorité des Espagnols en matière d'agriculture sera de « renforcer le rôle de la femme dans le monde rural », en proie au « vieillissement et à la masculinisation » en raison de l'exode des femmes vers les milieux urbains, a-t-elle précisé.

L'Espagne a l'intention de susciter une « prise de conscience du rôle de la femme » qui reste « majeur » en dépit de leur « faible participation dans les processus décisionnels », a indiqué la ministre. Elle envisage de proposer que les femmes d'agriculteurs puissent être co-titulaires des aides européennes.

L'Espagne veut également aborder le problème de la transparence des prix et de l'organisation de la chaîne agro-alimentaire, une question qui fait débat depuis des mois, mais à propos de laquelle il est « important d'arrêter des mesures », a-t-elle dit. La crise du secteur du lait, où les baisses drastiques de prix n'avaient été répercutées que de façon très limitée dans les supermarchés, en avait fourni l'an dernier une illustration.

« Sur fond de volatilité accrue sur les marchés », le Copa-Cogeca (syndicats agricoles et coopératives de l'UE) a accueilli favorablement « la volonté de la présidence espagnole de débattre de l'avenir de la Pac », selon un communiqué publié lundi.

Il « insiste auprès des décideurs politiques européens pour qu'ils s'assurent qu'une Pac forte et suffisamment financée soient maintenue ».

« Il faut notamment que les outils existants de gestion du marché soient maintenus pour compenser les pertes subies par les agriculteurs en raison de l'extrême volatilité sur les marchés. J'accueille également très favorablement l'intention de la Présidence de vouloir continuer à simplifier la Pac, notamment les règles de conditionnalité qui représentent un poids important pour les agriculteurs », a déclaré le secrétaire général du Copa-Cogeca.

Les organisation européennes ont également salué le débat des ministres de l'Agriculture sur l'amélioration du fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire européenne.

Elles soulignent « qu'en raison des dysfonctionnements récents du marché, il est nécessaire de prendre des mesures fortes pour renforcer la position des agriculteurs et des producteurs dans la chaîne alimentaire ».

« Le marché alimentaire de l'UE est dominé par de grands distributeurs et la part que perçoivent les agriculteurs sur les prix alimentaires dans la distribution diminue sans cesse. Il est donc primordial de prendre des mesures concrètes pour trouver des solutions aux problèmes des retards de paiement, des abus de marché, des pratiques commerciales déloyales et des distorsions de la concurrence dans la chaîne alimentaire », a déclaré Paolo Bruni, président de la Cogeca.

« Cela contribuera à un meilleur fonctionnement de la chaîne alimentaire et à une compétition plus juste, permettant ainsi aux agriculteurs et aux producteurs de percevoir une part plus importante de la valeur ajoutée et de disposer d'un revenu équitable et stable », a-t-il estimé.