Le nombre d’actifs agricoles issus la main-d’œuvre familiale (coexploitant, conjoints et autres membres de la famille non salariés) continue à diminuer : les effectifs ont baissé de 2,2 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2015, selon le bilan annuel de l’emploi agricole en 2015 réalisé par Agreste, l’organisme de la statistique du ministère de l’Agriculture.

Cette baisse était déjà de 3 % sur la période de 2000 à 2010. Ce phénomène s’observe dans tous les secteurs de production, en particulier en élevage pour les bovins laitiers (–2,9 %) et bovins mixtes (–3,2 %).

L’emploi salarié en hausse

Cette diminution est quasi systématiquement compensée par un renforcement de la main-d’œuvre salarié dans chaque secteur. L’emploi salarié a en effet augmenté de 1,2 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2015 dans tous les secteurs, à l’exception de l’horticulture (–2,7 %). Et si la viticulture marche toujours en tête en drainant le tiers des emplois salariés agricoles, les plus fortes progressions sont enregistrées dans les secteurs de production d’ovins et de caprins, ainsi que de bovins mixtes.

Le phénomène pour l’ensemble est cependant surtout dû à une hausse de 3,3 % de l’emploi non permanent (saisonnier et occasionnel).

Selon Agreste, la hausse de l’emploi salarié et la baisse de la main-d’œuvre familiale s’expliquerait surtout par des transferts entre ces deux types d’actifs, « lorsque des exploitants, des conjoints ou d’autres membres de la famille optent pour un statut salarié ». L’embauche de salariés permanents pour pallier le recul sensible des membres de la famille influerait également. Tout comme l’augmentation du nombre d’exploitations en Gaec et en société dont le statut favorise l’accès des conjoints au statut de coexploitant, et dans les lesquelles l’emploi salarié est plus élevé.

Toutefois, la part de l’emploi salarié reste minoritaire sur les exploitations, puisqu’il représente 35 % des actifs, la majorité étant toujours non salariée.

La Nouvelle-Aquitaine très active

Quatre Régions rassemblent en 2015 plus de la moitié de l’emploi agricole. Source : Agreste

Il est à noter qu’au regard de l’ensemble des actifs agricoles, quatre Régions rassemblent en 2015 plus de la moitié de l’emploi : la Nouvelle-Aquitaine (122 137), l’Occitanie (97 179), l’Auvergne-Rhône-Alpes (84 622) et le Grand-Est (72 671) (1).

Sur le seul volet de l’emploi salarié, les évolutions sont très contrastées, selon les Régions : il augmente au global de 1,1 % par an en moyenne entre 2010 et 2015. La plus forte hausse est observée en Corse (+3,1 %) et dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes (+2 %) ainsi que en Nouvelle-Aquitaine (+1,4 %). L’Île-de France enregistre la plus forte baisse avec une diminution du nombre de ses emplois salariés de 1,7 %.

Rosanne Aries

(1) en UTA (unité de travail annuel) : une UTA correspond au travail d’une personne à plein temps pendant une année entière. Cette notion est une estimation du volume de travail utilisé comme moyen de production et non une mesure de l’emploi sur les exploitations.