« La campagne présidentielle a mis en exergue les profondes inégalités qui fracturent notre pays entre […] les territoires qui bénéficient pleinement de l’économie mondialisée et ceux, ruraux, engagés dans des trajectoires d’appauvrissement en proie à un sentiment d’abandon et de déclassement », écrit le sénateur. Il souligne que le Lot-et-Garonne « appartient à la seconde catégorie ».

Pour son département, dont le « potentiel fiscal est très faible », avec « 63 % des foyers non-imposables », « la baisse des dotations de l’État, à hauteur de 15,8 millions d’euros en 2017 par rapport à 2014, rend la situation explosive », alors que « depuis 2008 nous avons considérablement réduit le train de vie de la collectivité », écrit-il.

Le Conseil départemental a donc été « amené à bâtir un budget de résistance, à savoir l’inscription d’une recette de 20 millions d’euros », non-réalisée, mais qui correspondrait, selon Pierre Camani, à « une dotation exceptionnelle de l’État, absolument nécessaire au rétablissement de nos comptes ».

Un budget « sans équilibre réel »

Cette initiative a d’ailleurs conduit la chambre régionale des comptes – saisie par la préfecture – à examiner le budget de 2017 du Lot-et-Garonne, voté en avril « sans équilibre réel ». Pierre Camani en appelle donc au président de la République pour qu’une « solution pérenne soit enfin trouvée ». « Si aucune initiative n’était prise la fracture territoriale qui déchire notre pays en serait gravement accentuée », conclut l’élu.

Dans un communiqué joint à sa « lettre ouverte », M. Camani fait également valoir que « 15 autres départements », dont trois en Nouvelle-Aquitaine (Creuse, Corrèze et Charente-Maritime), connaissent les mêmes difficultés que le Lot-et-Garonne, au point d’avoir « suspendu, faute d’une juste compensation, le paiement de plusieurs mensualités du RSA […] pour un montant cumulé de 215 millions d’euros ».

AFP