Daniel Sauvaitre, producteur de pommes dans la Charente, dénonce les « pratiques sans scrupules d'une société de production audiovisuelle ».

Le réalisateur du documentaire « Manger peut-il nuire à la santé ? », diffusé récemment sur France 3 « a demandé des analyses de résidus de pesticides sur des pommes qui seraient issues de mon verger », explique-t-il, dans un communiqué.

« Le reportage fait mention d'une substance contenue dans les fruits présentés comme venant de mon exploitation, la carbendazime, laissant entendre que le fait de retrouver cette substance serait illégal. Le reportage dénigre ensuite mes pratiques, pourtant raisonnées, et mes fruits. Il ne faudrait pas croquer ''mes'' pommes. Non seulement il s'agit bien évidemment d'allégations totalement fausses sur le plan réglementaire mais le comble c'est que les pommes analysées ne proviennent pas de mon exploitation ! Il y a quelques jours, la journaliste Isabelle Saporta a reconnu cette erreur. Ce qui confirme l'enquête que j'ai menée de mon côté sur l'origine de ces pommes », poursuit Daniel Sauvaitre, qui est le président de l'Association nationale Pommes et Poires.

Il avait reçu en 2009 une équipe de tournage, pour un reportage, dans le cadre d'un tout autre sujet : « Quelle agriculture allait permettre de nourrir neuf milliard d'individus sur terre en 2050 ? », précise-t-il, sur son blog (www.daniel-sauvaitre.com).

Les noms des réalisateurs du documentaire, Eric Guéret et Isabelle Saporta, « m'étaient plutôt inconnus », s'étonne également l'agriculteur. Isabelle Saporta a d'ailleurs reconnu dans le quotidien Sud-Ouest, qu'elle n'avait jamais mis les pieds sur l'exploitation de Daniel Sauvaitre, contrairement à ce que laisse penser le montage du reportage.

« J'ai été profondément affecté par ce reportage mais également par l'équipe de cette société de production qui a abusé de la confiance que je lui avais accordée alors que je lui avais bien volontiers ouvert mon verger, prenant du temps pour lui présenter mon exploitation », affirme l'agriculteur.

« Sur mon verger, les solutions alternatives sont poussées le plus loin possible », souligne-t-il. « Je pratique une arboriculture raisonnée dans laquelle se combinent des interventions avec des moyens biologiques et, en dernier recours, avec des produits phytosanitaires de synthèse. Le jour de la visite de la société de production, quand a eu lieu le reportage, c'est précisément une intervention agréée en agriculture biologique qui était en cours. Les images ont été diffusées sur France 3 mais sans mention de cette explication... »

« Les 23 et 24 février, j'ai fait déposer par mon conseil des lettres de mise en demeure de renoncer à la diffusion du reportage, à France 3, au Nouvel Obs et à la société de production “Et la suite... !”. Le Nouvel Obs a opposé un refus et les deux autres destinataires se sont abstenus de répondre », indique-t-il sur son blog.

« Aujourd'hui, 1er mars, une ordonnance de référé pour interrompre la diffusion du reportage leur a été délivrée et une audience est déjà fixée pour la semaine prochaine », ajoute-t-il.

Le président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), Bruno Dupont, a adressé un courrier à Daniel Sauvaitre, pour lui exprimer son soutien : « La manipulation dont tu as fait l'objet dans le reportage “Manger peut-il nuire à la santé ?” (...) est inadmissible, inacceptable, tant sur son principe que sur ce qui est insinué. Elle est même plus que cela, elle est outrancière », ecrit-il.