Le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, publié le 3 avril 2017, souligne que ce coût dépendra « de l’évolution du conflit » et propose un plan d’intervention pour chaque scénario : rien ne se passe, rétablissement partiel de la paix ou total.

Des besoins en engrais et semences

Les besoins essentiels portent sur l’engrais, les semences et les médicaments vétérinaires, ainsi que sur l’aide au crédit, à la transformation, à la commercialisation et la réparation des infrastructures d’irrigation, selon le rapport.

Le conflit a provoqué plus de 16 milliards de dollars de pertes au niveau des récoltes et de la production agricole du pays, notamment une destruction des installations (tracteurs, machines, fermes, cliniques vétérinaires, serres, systèmes d’irrigation et installations de transformation).

La FAO a mené une vaste enquête de terrain auprès de 3 500 ménages et plus de 380 groupes communautaires à travers la Syrie en août et septembre 2016 pour l’évaluation de son système alimentaire et agricole.

Réguler le flux d’immigrés en relançant l’agriculture

Une augmentation des investissements pour relancer le secteur agricole « pourrait considérablement réduire le besoin en aide humanitaire » et « avoir un impact significatif en régulant le flux d’immigrés », a déclaré José Graziano da Silva, directeur général dans un communiqué de l’organisation.

« Si les zones agricoles productives continuent d’être négligées, de plus en plus de personnes seront forcées de quitter les zones rurales et la Syrie risquerait d’émerger du conflit avec une production alimentaire commerciale et une structure agricole au bord de l’effondrement », souligne la FAO.

Depuis 2011, la FAO a soutenu les moyens d’existence et la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 2,4 millions de Syriens dans les zones rurales et périurbaines d’Alep, Al-Hassakeh, Dera, Deir-El-Zor, Hama, Homs, Idleb, Swida, et Quinetra, ainsi que la région de Damas.

L’Union européenne doit accueillir mercredi à Bruxelles une conférence internationale coprésidée par les Nations unies pour faire le point sur l’aide à la Syrie. Le conflit syrien est entré le 15 mars dans sa septième année. Il a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés.

AFP