« C’était un bon premier rendez-vous, dit Jérémy Decerle, président du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA), au sujet de sa première rencontre avec Jacques Mézard. Le ministre semble en phase avec nos revendications, et n’a pas remis en cause la manière dont nous les avons abordées. »

Les autres syndicats ayant déjà défilé dans le bureau du ministère, Jeunes Agriculteur n’a pas épluché tous les dossiers chauds du moment. « C’était davantage une visite pour se présenter, faire entendre à Jacques Mézard les sujets que nous défendrons, et notre vision de l’agriculture à long terme. » Aussi, le syndicat décrit un ministre « à l’écoute », qui pendant une demi-heure a pris note de ses attentes sans l’interrompre. « Puis il est revenu sur les points les plus importants pour lui », ajoute Jérémy Decerle.

Un ministre « pas prétentieux »

L’échange aurait débouché sur une main tendue du ministre, qui souhaite, « être accompagné » pour qu’ensemble syndicats et ministère puissent anticiper les difficultés. « Il n’est pas prétentieux, et ne dit pas qu’il va tout régler, décrit Jérémy Decerle. Il nous invite à solliciter ses services sans hésitation dès que ce sera nécessaire. »

Le syndicat a bien sûr insisté sur le renouvellement des générations. « Les soutiens financiers pour l’installation doivent être reconduits pour les années futures, insiste Jérémy Decerle. L’accompagnement humain des porteurs de projets doit être amélioré pour répondre aux attentes des jeunes. » Néanmoins, le syndicat sait qu’il faudra du temps pour mettre les moyens en place et partager une politique de renouvellement plus forte.

À l’aube des états-généraux de l’alimentation, JA espère du gouvernement qu’il sera moteur pour donner à la production une force de frappe puissante dans les négociations avec l’aval. « Nous persistons sur l’intérêt des systèmes de contractualisation, l’organisation de l’offre, et mettons en avant l’outil coopératif », ajoute Jérémy Decerle.

Anticiper la nouvelle Pac

Commes tous les syndicats, JA exige que les aides Pac soient rapidement distribuées. « Mais je ne suis pas convaincu que Jacques Mézard sera meilleur que son prédécesseur », craint Jérémy Decerle. Mais JA se tourne surtout vers le futur. Le syndicat demande à la France d’être moteur dans les orientations à prendre pour la future Pac.

« Il faudrait commencer à plancher tout de suite pour convaincre les collègues européens, estime-t-il, proposant notamment de nouveaux outils de gestion des risques pour anticiper les risques climatiques, économiques, sociaux, et donner une dimension plus sociétale en intégrant l’écologie de façon plus pragmatique. « On sent que Jacques Mézard a besoin de potasser la Pac pour convaincre ses collègues européens de l’orientation à suivre », note Jérémy Decerle.

Hélène ChaligneJournaliste web