Générations Futures a déposé vendredi 27 octobre deux recours en justice contre les autorisations de mise sur le marché (AMM) délivrées par l’Anses de deux insecticides contenant du Sulfoxaflor (Closer et Transform).

« La sûreté de ces deux produits pour les abeilles et les pollinisateurs n’est pas établie et ils doivent être immédiatement retirés du marché », a déclaré François Veillerette, directeur de Générations Futures.

« Le premier recours vise à faire retirer ces AMM en urgence par le juge des référés car ces produits menacent de façon grave et immédiate les abeilles et autres pollinisateurs », a expliqué l’association dans un communiqué de presse. Elle estime en effet que le délai de trois mois laissé à l’Anses pour réexaminer les deux AMM est bien trop long pour prévenir les atteintes à l’environnement.

Le deuxième recours est, quant à lui, un recours sur le fond devant le tribunal administratif. L’association est représentée dans ce dossier par l’avocat François Lafforgue.

Générations Futures se base sur l’évaluation de l’Efsa

Générations Futures a décidé de déposer ces recours au vu des données de l’évaluation scientifique de l’Efsa qui parle de « risque élevé pour les abeilles ». « En 2015, l’Europe avait pourtant autorisé la matière active… alors même que des données importantes sur la toxicité de cette molécule sur les abeilles et les autres pollinisateurs étaient manquantes », complète-elle.

« Dow AgroSciences avait deux ans pour fournir ces données confirmatives, relate Générations Futures. L’examen attentif du dossier montre que l’avis de l’Anses de juin 2017 ayant conduit à la délivrance de ces AMM a été rendu alors que ces données étaient toujours manquantes. »

« Il faut maintenant que le gouvernement en tire toutes les conséquences et qu’à l’avenir il s’oppose clairement à l’homologation de tout pesticide contenant une substance de la famille des néonicotinoïdes, notamment les nouvelles substances de cette famille comme le sulfoxaflor ou le flupyradifurone, comme le prévoit la loi sur la biodiversité », conclut François Veillerette.