Lors de sa conférence de presse annuelle le 19 juin, Tereos, le groupe coopératif français spécialisé dans la transformation de la betterave, la canne et les céréales a affiché de « solides performances » sur 2013-2014. Il réalise son troisième meilleur excédent brut d'exploitation (Ebitda) à 691 millions d'euros (contre 794 millions sur 2012-13), dans un environnement moins porteur en termes de prix.

En effet, après quatre années de production excédentaire, les stocks ont atteint un record mondial en septembre 2013 et entrainé une baisse des cours du sucre de 15 %. C'est cette baisse des prix de vente du sucre qui explique cette légère diminution de l'Ebitda.

« Ces résultats témoignent des solides atouts de Tereos pour évoluer sur des marchés de plus en plus ouverts et volatils », a commenté le président du directoire Alexis Duval. Les résultats sont soutenus par une croissance des volumes transformés (+3,3 % en betteraves, +4 % en céréales, +5,9 % en canne), le développement international en Roumanie, en Asie et au Brésil.

Tereos, premier groupe sucrier français, entend consolider sa compétitivité en généralisant pour 2014 un « mode de réception simplifié de la betterave déjà expérimenté avec succès ainsi qu'un plan de réduction de la tare terre », précise Alexis Duval. La coopérative va aussi démarrer la première unité mondiale de méthanisation de vinasses de betteraves sur son site à Artenay : la production de biogaz couvrira 50 % des besoins énergétiques de la distillerie.

Le groupe prévoit une augmentation de la production de 20 % : 15 % grâce à une augmentation des surfaces et 5 % grâce à une amélioration des rendements pour renforcer sa compétitivité sur des marchés plus ouverts et plus volatils du fait de la réforme de la Pac. L'Union européenne entend en effet supprimer les quotas sucriers en septembre 2017, avec comme conséquence la fin des prix minimum de la betterave pour les planteurs.

La réforme est appréhendée positivement par le groupe, elle permet « la liberté d'exportation sur les marchés mondiaux et la liberté de fixer les volumes de production et les lieux de ventes en Europe et à l'international », selon Alexis Duval. De plus, la France est compétitive dans le secteur de la betterave, tout comme l'Allemagne, la Belgique ou la Hollande, contrairement aux pays de l'Est.

Le groupe n'a cependant pas encore statué sur la forme des contrats qu'il va mettre en place avec les planteurs, l'Union européenne obligeant une certaine forme de contractualisation. L'incertitude persiste donc encore pour les planteurs.

La libéralisation accrue provoquée par la fin des quotas est conforme aux règles de l'OMC d'ouverture des marchés mais questionne sur la volonté de la Pac d'intervenir et de soutenir l'agriculture européenne par la sécurité des approvisionnements et la régulation des marchés.

Claire Faure