Enfouir des slips en coton dans les sols agricoles pour évaluer leur activité biologique : la technique du « test du slip » a déjà été utilisée au Canada et dans d’autres régions françaises. La chambre d’agriculture du Var a cette année décidé de tenter l’expérience.

« Nous avons enterré au total 210 slips 100 % coton bio dans des parcelles agricoles appartenant aux réseaux Dephy oléiculture, maraîchage et viticulture, à une vingtaine de centimètres de profondeur, d’avril à juin-juillet 2018 », indique Clémence Boutfol, conseillère viticole à la chambre. « Plus on déterre un slip décomposé, plus le sol est actif et vivant biologiquement », explique-t-elle.

Les slips ont pour avantage de comporter plus de coutures qu’un simple morceau de tissu, et un élastique qui permet de le retrouver dans le cas où le tissu est très dégradé. Une fois déterrés, les slips ont été classés en trois états : peu, moyennement et très dégradés.

La couleur et les odeurs ont aussi été observées car elles indiquent des différences d’activité microbiologique. L’odeur est souvent du type « terreau », « humus », « champignons » dans les sols les plus actifs. « Une odeur de renfermé, “moisi”, oriente plus vers un sol présentant des problèmes tels que l’asphyxie racinaire par exemple », indique Clémence Boutfol.

Davantage dégradés dans les parcelles enherbées

« Pour cette première année d’étude, la tendance a été de retrouver les slips les plus dégradés dans des parcelles enherbées, où des apports de matière organique avaient été réalisés, tels que des fumiers d’origine animale, composts de déchets végétaux, broyage de sarments de vigne », constate Clémence Boutfol, en précisant que les résultats sont nuancés localement.

H.P.